La période gallo-romaine

Dans sa description de la Gaule demeurée indépendante, César avait noté la division du pays en trois grands ensembles:

  • Aquitaine au sud-ouest;
  • Celtique au Centre;
  • Belgique au Nord de la Seine et de la Marne.

Trois peuples occupaient l'Est de la Belgique:

  • Les Trevires au nord,
  • Les Mediomatriques au centre,
  • Les Leuques au sud.

 

La plus grande partie de la Lorraine actuelle constituait l'essentiel du territoire de ces deux derniers peuples.

Il n'est pas possible de tracer des limites précises pour chacun de ces peuples, car il est plus exact de parler de zones de séparation plus ou moins larges (forêts, espaces inhabités) que de véritables frontières.Et même s’il n’existait alors pas de frontières politiques telles que nous les connaissons aujourd’hui, les conflits fréquents entre les peuples (vers le Ier siècle av. J.-C., les Médiomatriques sont contraints sous la pression des Suèves à quitter l'Alsace et laisser place aux Triboques) d’alors les obligeaient tout de même à définir des frontières naturelles.

D’autre part, l’étude de la bibliographie antique (César, dans sa « Guerre des Gaules », Strabon, dans « Géographie », Lucain, dans « La Pharsale », Tacite,, dans « Histoire », Martial, dans « Epigrammes », Pline l’Ancien, dans « Histoire Naturelle », Ptolémée, dans « Géographie », Claudius Marius Victor, dans « La Vérité », etc…) nous aide dans cette approche.

Plus près de nous, l’étude de la table de Peutinger, qui est une copie faite au Moyen-Age d’une carte romaine des voies de communication, tend aussi à nous confirmer la région assez précise habitée par les Mediomatriques.

Section de la Table de Peutinger

Cela se confirmerait, d’après certains étymologistes, dans leur nom. En effet, Mediomatriques viendrait de Medio-Matrici (en latin) ; medio de son côté viendrait de maello, qui en langue celte signifie « plaine », et par extension « celui qui habite la plaine » ; matrici viendrait de « matari », nom que portaient les javelots gaulois (dixit César). Hors, on sait que les gaulois de l’Est maniaient bien le javelot, ceci est affirmé par Ptolémée à propos des Remes. D’autres étymologistes, ont une lecture différente, mais arrivent à la même conclusion : Mediomatrici signifierait « entre les grandes rivières », et situeraient donc les mediomatriques entre la Marne et le Rhin dans leurs premiers territoires.

Ainsi, on sait tout de même que le territoire des Médiomatriques s’étendait des reliefs de l'Argonne à l’ouest pour atteindre la Meurthe à l’est, les contreforts des Vosges au sud-est, la Sarre au nord-Est, et les forêts du Luxembourg et de la Belgique au Nord. Il comprenait donc dans la Lorraine actuelle, le centre de la Meuse, le nord de la Meurthe et Moselle et la plus grande partie de la Moselle, débordant par endroits en Sarre méridionale.

Si l’on devait reporter ce territoire sur une carte actuelle, ces limites seraient définies par les villes suivantes : Trèves, Luxembourg, Longwy, Virton, Sedan, Vouziers, Monthois, Varenne en Argonne, Bar le Duc, Commercy, Essey lès Nancy, Saint Nicolas de Port, Blainville, Lunéville, Blâmont, Sarrebourg, Fenétrange, Sarre-Union, Sarreguemines, Sarrebruck, Sarrelouis, Merzig, Trèves. Remarque : si Trèves était une des limites du territoire Médiomatrique, elle n’en faisait pas partie ; elle était en effet un opidum des Trévires.

Les opida des Médiomatriques seraient Hérapel (près de Forbach) et Divodurum Mediomatricorum (Metz) ; avant de laisser la place aux Triboques, ils en avaient aussi un au col du Donon, où on a retrouvé un de leurs ateliers de frappe de monnaie.

Arracourt était donc sur le territoire Médiomatrique.

Les Leuques occupaient le sud de la Lorraine, entre l'Ornain et le revers occidental des Vosges au sud du Donon. Leur territoire était centré sur les bassins supérieurs de la Meuse et de la Moselle.

Disposition des territoires

A la veille de la conquête Romaine, il semble bien que la royauté avait disparu chez les Mediomatriques et les Leuques. Le pouvoir était détenu par une assemblée de type oligarchique, composée des chefs des principales familles.Aussi bien à la fin de la République qu'après l'établissement définitif du régime personnel, la domination Romaine respecta l'organisation et les territoires des peuples soumis. Le peuple (gens) des Leuques et des Médiomatriques continueront à former une entité particulière appelée "Civitas" (cité): celle-ci comprenait une ville chef-lieu - "Tullum" (Toul) chez les premiers, "Divodurum'' (Metz) chez les seconds - avec un territoire.

Chaque cité bénéficiait en principe d'un statut particulier fixant ses obligations vis-à-vis de Rome. Ainsi la cité des Leuques porta dès l'origine le titre de cité libre, en récompense de n'avoir jamais pris les armes contre Rome.

Chaque cité avait sa propre organisation administrative et religieuse.Il n'y avait pas de fonctionnaire Romain au niveau de la cité et à celui de ses subdivisions. C'est à l'échelon de la province qu'ils intervenaient.

Les deux cités relevaient donc pour l'administration générale du Gouverneur de Gaule Belgique, personnage de rang sénatorial portant le titre de ''Légat Imperial propréteur'' et en résidence à Reims.

Pendant près de trois siècles, la Gaule allait connaître la paix sous domination Romaine et, débarrassée des rivalités entre peuples, pouvoir donner naissance à une civilisation originale née de la symbiose entre Celtes et Latins.

Les règnes des empereurs Flavien puis Antonin furent bénéfiques à la Gaule. Une construction d'une muraille le long du Rhin et du Danube et la reprise en main de Vespasien, mirent pour deux siècles la Gaule a l'abri des incursions Barbares.

Dans toute la Gaule, l'établissement du cadastre avait délimité les domaines.

En Lorraine et plus particulièrement dans notre région, les vestiges de la période Gallo-Romaine, sont plus nombreux que ceux de la période préhistorique.

Bayon, Mouacourt, Emberménil, Bauzemont, Juvrecourt, Deuxville, Léomont, Crion, Clayeures, Réménovile, Mont, Blainville, entre autres localités nous en ont fourni.

Dès les premiers temps de la période dite du haut-empire (d'Auguste au début du IIIème siècle), les cités des Leuques et des Médiomatriques donnèrent des gages de loyalisme. Les commerçants du Hérapel consacrèrent une dedicace à Tibère en 20 et les habitants de Marsal une autre a Claude en 44. Elles ne participèrent pas aux séditions qui troublèrent le nord-est de la Gaule à plusieurs reprises au cours du 1er siècle.

Lors de la crise de 68-70, Metz servit au contraire de base de repli pour une partie de l'armée Romaine. Cette fidélité ne mettait toutefois pas à l'abri des contrecoups de ces troubles.

En 69, l'armée de Vitellius, chef des légions de Germanie Supérieure proclamé empereur de ses troupes, massacra sur le chemin de l'Italie une partie de la population de Metz en mettant à sac la ville, qui venait de soutenir le gouverneur de la Lyonnaise, Vindex, partisan de Galba. D'autre part, l'étude stratigraphique de Metz et de Strasbourg montre l'existence de couches d'incendie et de destruction datées de la fin des premier et dernier quarts du Ier siècle et qui seraient susceptibles d'être mises en corrélation avec les troubles de 21 et de 86-97. Mais ces épisodes restèrent locaux.

L'organisation d'un réseau routier d'ensemble fut l'une des premières tâches entreprises par l'autorité Romaine dans une intention surtout stratégique.

Ces artères, véritables constructions, ont été établies avec le soucis de la durée par les vainqueurs du monde.

Qu'elles aient réuni Metz à Strasbourg ou qu'elles aient fait communiquer Langres avec Toul, elles étaient excentiques.

voies romaines

Ces voies étaient jalonnées de bornes routières appelées "Milliaires". Encore qu'à partir de l'époque de l'empereur Hadrien (117-138), la distance n'y soit plus indiquée en mille (mille pas, soient 1461 mètres), mais en lieues gauloises (2222 mètres), comme celles découvertes en 1966 à Soulosse et en 1969 à Scarponne (Dieulouard).

Bien que le développement des voies romaines en Gaule ait débuté sous le règne de Jules César, c'est sous celui d'Auguste qu'il va prendre son essor. Le pays lentement pacifié sera alors progressivement couvert d'un réseau, en modernisant d'abord les voies anciennes, ensuite en créant des voies nouvelles qui allaient répondre à leur besoin nouveau d'expansion. Les travaux des grands axes de la Gaule furent ainsi confiés par Auguste, après son voyage en Narbonnaise en -27 à son gendre et conseiller privilégié Marcus Vipsanius Agrippa. Remarquable et talentueux administrateur, il choisit, pour des raisons d'ordre géographique, la ville de Lugdunum (Lyon) comme origine de ces voies. L'aménagement de quatre grands axes fut achevé avant la fin du Ier siècle av. J.-C..

Le géographe Strabon, dans sa "Géographie" les décrit ainsi : « Lyon se trouve au milieu de la Gaule comme l'Acropole au milieu d'une ville… c'est pourquoi Agrippa en fit le point de départ des grandes routes qu'il ouvrit. Au nombre de quatre, l'une va chez les Santons et en Aquitaine, la seconde se dirige vers le Rhin par Trèves, la troisième vers la Mer du Nord, la quatrième gagne la Narbonnaise et le rivage de Marseille ».

voies romaines principales

Durant le Ier siècle furent renforcés les axes menant à la Germanie. Les autres grands axes et voies secondaires furent achevés d'être mis en place à l'époque d'Antonin le Pieux. L'extension et l'amélioration des routes se feront ainsi jusqu'au milieu du IIIème siècle , lors des premières incursions des Francs et des Alamans, préfiguration des grandes invasions des Vème et VIème siècles.

La route de la Germanie, venant de Lyon par Langres, et se dirigeant sur la Moselle, qu'elle atteignait à Toul devint rapidement l'axe de circulation principal. Ce fut même l'axe majeur, non seulement de la Lorraine antique, mais de la Gaule, car il unissait les régions méditerrannéennes et Lyon, principal carrefour du Pays, à la zône militaire Rhénane. A partir de Metz, elle se dédoublait en deux branches, chacune établie sur une rive de la Moselle, mais à une certaine distance d'elle, pour se rejoindre à Trèves, d'où l'on gagnait soit la Germanie Inférieure et Cologne, soit la Germanie Supérieure et Mayence.

D'autres voies plus petites rejoignaient la première. Tarquimpol (près de Dieuze) était par Nidertroff (près de Lorquin) ou par Bertrambois, en communication avec le Donon.

Nidertroff était relié à Blâmont et à Parroy par la ligne de crètes de Méhon, Friscati, Léomont, et atteignait Dieulouard.

Sur notre circonscription, nous pouvons remarquer (venant de Lunéville) à divers endroits entre Einville au Jard et le département de la Moselle, les vestiges d'une de ces voies, qui passe sur les communes de Valhey, Arracourt et Juvrecourt (cf. les images suivantes: cliquez dessus pour agrandir):

Venant d'Arracourt, direction Valhey: au bout de la ligne droite, la route actuelle contourne la colline, alors que la voie romaine (maintenant un chemin de terre), file tout droit à travers champs Là où la route et la voie romaine se rattrapent, au carrefour Arracourt-Valhey / Athienville-Bathelémont

Traversant la route au niveau du carrefour, la voie est tracée toute droite vers Valhey, alors que l'on voit très bien la route actuelle faire le tour de la colline

 

Cette dernière était une voie postale, parallèle à la voie Lyon-Cologne. Peu nombreux et mal organisés avant le règne d'Auguste, celui-ci comprit que les services postaux étaient un enjeux stratégique dans les actions militaires, et les développa. Il commença par mettre en place des relais de coureurs, porteurs de lettres de missions, chargé de transporter le courrier officiel de stations en stations (comme à l'origine grecque, et Marathon). Puis il améliora le système et mis en place des relais (comme les Perses).

Tout d'abord les mutationes, de simples relais permettant de changer de chevaux, ils étaient éloignés de 40 à 50 km. Entre les mutationes se trouvaient les mansiones tous les 10 à 12 km, elles étaient de véritables auberges ou les cavaliers pouvaient manger, dormir et y faire réparer les véhicules endommagés. Les mansiones étaient des magasins avec des réserves de vivres pour les voyageurs et les courriers. Suivant les énoncées des lettres de circulation, les ("Tractoriae Sigillum"), les clients étaient hébergés plus ou moins bien. Les mansiones étaient parfois de véritables palais, ils pouvaient en effet héberger l'empereur et sa garde.

Einville était une de ces étapes impériales. D'ailleurs, les avis ici aussi sont partagés chez les étymologistes: d'aucuns donneraient à "Sânon" la signification de "5ème étape" (depuis Lyon), alors que d'autres pensent que Sânon a pour origine "Cemmunos", un des dieux gaulois. En fait il existe aussi une forte chance que ce mot dérive, comme de nombreuses localités alentours, du mot sel.

Plan des voies gallo-romaines du secteur:

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Non loin de Deneuvre, dans le bois de Fays, des restes de l'une de ces routes ont été trouvés.

Des métairies, des villas, étaient établies à proximité de ces voies. En sorte que la découverte des vestiges de constructions Romaines à distance ou à proximité de nos villages permet d'en inférer que là se trouvait un chemin de communication.

Ces ruines de constructions ont été retrouvées en maints endroits, mais nullement elles semblent avoir eu l'importance de celle de Raville.

D'après les "anciens" de la région, qui avaient découvert des ruines dans un champ, une villa devait se trouver au nord de Valhey, au carrefour des routes Arracourt-Valhey, et Athienvielle-Bathelémont. Mais des photos aériennes laissant apparaître une "motte" (au lieu dit "La Famine", voir l'image ci-dessous), font aussi penser qu'il s'agissait des ruines des fondations d'un château médiéval qui n'aurait jamais été construit.

La

Les temples ou les lieux consacrés étaient souvent établis à des carrefours, à l'entrecroisement des chemins. Léomont et Giriviller sont sous ce rapport des lieux à retenir.Léomont était voué à Diane, Giriviller à Mercure.

Or, Giriviller se trouve entre l'oppidum de Bayon et de Deneuvre. Il est très vraisemblable que celui de Deneuvre était en relation avec le camp retranché de la côte de Repy (près de Raon l'Etape).

La ''civilisation des Oppida'' a été la caractéristique de la Gaule de l'indépendance. Ces places fortifiées, installées sur des éminences, n'étaient à l'origine occupées qu'en temps de guerre et servaient de refuge aux populations Gauloises. Petit à petit s'y installeront des artisans et l'oppidum devint une véritable ville avec ses maisons et ses lieux de culte.

L'oppidum était défendu par de puissantes fortifications construites selon une technique savante. Le "murrus Gallicus", de plus de 5 mètres de haut, était composé d'une armature de poutres assemblées par de gros clous de 200 grammes chacuns; ces poutres soutenaient deux murs de pierre, et les vides étaient comblés par de la terre bien tassée. Cela le rendait pratiquement invincible.

mur d'oppidum: reconstitution

L'oppidum de Deneuvre barrait la vallée de la Meurthe, celui de Bayon protégeait la vallée de la Moselle.

Ces forteresses étaient sans doute rattachés aux voies régionales.

Des restes de sépultures Gallo-Romaines ont été découverts en 1845 entre Juvrecourt et Xanrey. Ces tombes construites de pierres posées à plat sur d'autres verticales, contenaient des ossements bien conservés. Avec eux se trouvaient des armes et d'autres objets.

Sur le territoire de la commune de Mouacourt à proximité de Xures au lieu-dit Champs Courts, des tombes ont été mises a jour entre 1859 et 1862. Chaque tombe renfermait des épées à lames larges et courtes, des monnaies, des couteaux et des dépouilles de soldats Gallo-Romains.

Si, dans leur mode de vie et leur économie, les Gaulois étaient demeurés attachés dans une certaine mesure aux traditions de leurs ancêtres, il n'en fut pas de même dans le domaine de la culture, et la romanisation du pays fut rapide. Les dialectes locaux furent supplantés par le latin, qui devint la langue officielle. Le gaulois restant une langue populaire, non écrite.

Au cours du 1er siècle, plusieurs mesures d'interdiction impériale interdirent l'activité des Druides qu'ils soupçonnaient de nationalisme.

On ne sait pas avec certitude à quel moment le christianisme apparut en Gaule. Ce fut sans doute à la fin du 1er siècle ou au début du 2ème siècle.

Vers les années 175-185 environ (fin du règne de Marc-Aurèle et début de celui de Commode), des troubles de nature mal connue (incursions extérieures, mais surtout semble-t'il désordres intérieurs et brigandages) interrompirent l'essor des deux siècles précédents, de façon durable cette fois.

Un rétablissement suivit nous la dynastie des Sévères.

C'est sous le règne de Caracalla qu'un édit de 212 accorda la citoyenneté Romaine à tous les habitants de l'Empire de condition libre faisant ainsi des Leuques et des Médiomatriques des citoyens Romains.

L'anarchie qui sévit dans l'Empire de 235 à 285 conduisit les armées des deux provinces de Germanie a intervenir à l'intérieur à plusieurs reprises. La frontière ayant été dégarnie, les Alamans et les Francs de Germanie libre, purent envahir l'est de la Gaule, surtout en 275.

Le sentiment d'abandon des populations par la puissance tutélaire expliqua alors la création en 260, au profit de Postumus, d'un Empire Romain des Gaules, auquel les Leuques et les Médiomatriques se rallièrent.

L'entreprise prit fin en 274.

Après une accalmie sous Dioclétien. restaurateur de l'Empire à partir de 285, et sous Constantin, les incursions des Barbares se renouvelèrent à plusieurs reprises, en particulier en 352, 356-57. 366-67, 377-78.

Lorsque l'armée Romaine pouvait saisir l'occasion d'une bataille rangée, elle remportait généralement l'avantage; comme le fit le jeune César Julien à Strasbourg en 357 sur les Alamans, après qu'une partie de ses troupes se fut laissée surprendre par les Francs l'année précédente près de Tarquimpol.

Sites et routes gallo-romaines de Lorraine

La fin de l'époque romaine.

Valentinien 1er s'était installé à Trèves en 364, mais son fils Gratien quitta Trèves pour Milan en 381 et Maxime qui le remplaça par usurpation n'y résida à nouveau qu'entre 383 et 387.Dès lors, la dégradation de la situation s'amplifia dans l'Est de la Gaule. L'instabilité politique provoqua à plusieurs reprises le départ d'une partie des troupes Rhénanes. Cela signifia pratiquement l'évacuation progressive de la frontière du Rhin.L'administration suivit: les évènements de 407 (invasion généralisée des Barbares) forcèrent le préfet du prétoire à évacuer ses services de Trèves sur Arles.

Ce vide favorisa les entreprises des Germains. En décembre 406, les Vandales, les Alains et les Suèves franchirent le Rhin pour traverser la Gaule par des itinéraires multiples et chercher d'autres contrées, un nouvel établissement.

L'un de ces itinéraires balaya les cités des Médiomatriques et de Verdun pour se diriger vers Reims et le centre du Bassin Parisien.

L'autre les cités des Médiomatriques et des Leuques pour gagner le sillon Rhodanien.

Dès lors fut entamé en Gaule un processus de désintégration, les Germains s'installant en diverses régions du pays. C'est ainsi que les Alamans se fixèrent de façon définitive dans la vallée de la Sarre durant le premier tiers du Vème siècle, mais le gouvernement de Rome n'en continuait pas moins théoriquement.

Au moment de la terrible invasion des Huns d'Attila, qui en 451 déferla sur l'est de la Gaule, la victoire du maître de la milice Aetius et des Barbares occidentaux coalisés contre l'envahisseur asiatique ne rétablit pas l'autorité Romaine, car les défenses du Rhin avaient été définitivement démantelées et chacun ne songeait qu'à s'installer aux dépens de ses voisins.

Ainsi s'achevait la période Romaine pour les régions qui composèrent plus tard la Lorraine, avant même que l'Empire ne prit fin en Occident avec la déposition de Romulus Augustule en 476.

Avec elle cependant était loin de s'effacer dans les implantations, les travaux et la mentalité des hommes de cette région la marque profonde qu'avait pu imprimer durant cinq siècles la domination de Rome.

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