Les périodes mérovingienne & carolingienne (ou carlovingienne)

Notre région n'a fourni jusqu'ici aucun monument, aucun vestige important de la période Mérovingienne et Carlovingienne autre que des sarcophages enfouis dans le sol et que des fouilles accidentelles ou voulues ont découverts (Maixe, Drouville, Montigny).

Les archéologues nous ont appris que les sépultures Mérovingiennes étaient rarement isolées, qu'elles étaient groupées le plus souvent en cimetières plus ou moins importants, en général près d'une voie de circulation (mais cela vient sans doute du fait que les voies se trouvaient justement près des lieux sacrés), que les morts étaient alignés et les femmes séparées des hommes.

Les cercueils faits de pierres sèches étaient recouverts de dalles.les cercueils comme les dalles qui les recouvrent sont quelquefois sculptés ou gravés, mais pas toujours. Les dalles peuvent tout aussi bien être plates que convexes, ou même triangulaires. Cela dépend des rites et des croyances des groupes auxquels appartiennent les individus dans ces tombes, et aussi de leur importance sociale.

sarcophage mérovingien

La tête du mort était protégée par des pierres, sa face tournée vers le levant, les bras allongés.Les hommes avaient près d'eux leurs armes, en particulier une épée longue à deux tranchants, ou le ''scramasax'' (épée courte de 0,45m a 0,75m, avec un seul tranchant). Des doubles de vêtements, des plaques de ceinturon, des baudriers, "l'umbo'', pièce métallique saillante, qui reposait au centre du bouclier, sont mêlés aux ossements du guerrier.

scramasax

Le musée de Lunéville, possède une remarquable plaque de ceinture Mérovingienne.

Dans les tombes des femmes, on trouve des débris de parures, des bijoux, des colliers en terre cuite ou en verroterie, des objets de toilette, de petits couteaux, etc...

Dans quelques-unes de nos localités on a découvert ces groupes de tombes alignées, ces cercueils de pierre sèche, mais comme ce mode d'ensevelissement avait été employé des époques antérieures, ce sont surtout les objets trouvés à côté des squelettes, en particulier le ''scramasax" ou l'épée longue à deux tranchants, enfin la forme du crane (brachycéphale), qui permettent d'attribuer la trouvaille archéologique à la période Mérovingienne ou Carlovingienne.

On peut lire sur le site Persée une étude très détaillée des fouilles effectuées dans les années 1940 dans le cimetierre mérovingien découvert à Varangéville.

La période mérovingienne commença sous Mérovée en 448 et se termina à la mort de Childéric III en 751.

En 481, quand Clovis succéda à Childéric 1er, lequel était devenu le successeur de Mérovée en 458, il devint à 15 ans (quinze) le seul chef des Francs Saliens. Sa capitale, Tournai, fit face à celle des Ripuaires. Il s'en prit à ses voisins Francs pour étendre son autorité jusqu'au Rhin, au-delà des vallées de la Meuse et de la Moselle.

Clovis

En 511, avant de mourir, Clovis avait organisé sa succession.

Théodoric (ou Thierry), son fils aîné, né d'une concubine avant le mariage de Clovis avec Clotilde, reçut le premier une partie du royaume à gouverner, la plus difficile, celle de l'Est: L'Austrasie.

Le coeur de l'Austrasie était la Belgique première avec les cités de Trèves, Metz, Verdun et Toul.

L'Austrasie en 511

Théodoric, roi d'Austrasie, fut le plus dynamique des fils de Clovis. Il conduisit plusieurs campagnes victorieuses vers l'Est et le Sud. Son fils Théodebert (ou Thibert), de 534 à 548, conserva et étendit les avantages acquis. Il fut le premier à frapper une monnaie au nom d'un roi Franc. Après lui, Théodebald (ou Thibaud) eut un règne trop court (548 - 555).

En quarante ans, l'Austrasie avait affirmé sa vocation de Royaume protecteur face aux Thuringiens, aux Saxons, aux Bavarois et même aux Italiens.

Clotaire 1er, dernier survivant des fils de Clovis en recueillit le bénéfice (555 - 561).

Sigebert, en 561, reçut, à la mort de Clotaire, la part qu'avait eue Théodoric cinquante années plus tôt: elle était plus étendue vers le nord-ouest, englobait Tongres et touchait la Provence; la capitale était encore fixée à Reims.

L'Austrasie en 561

Une nouvelle période de l'histoire Mérovingienne s'ouvre alors: celle des petits fils de Clovis. Elle dure un demi-siècle et conduit à un nouveau regroupement des territoires sous l'autorité unique de Clotaire II.

Arbre généalogique des rois mérovingiens

L'Austrasie est alors dominée par la personnalité assez extraordinaire de Brunehaut, dont l'action permit entre autres choses de privilégier le rôle de Metz au détriment de Reims.

Après les conquêtes mérovingiennes, qui caractérisent le début du VIème siècle, cette période est la plus tristement connue par ses meurtres et ses excès de toutes sortes.

L'Austrasie et la Neustrie s'affrontèrent pendant un siècle; tandis que la Bourgogne joua le rôle d'un tiers, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, mais le plus souvent associé à sa voisine du Nord.

Sigebert fut un éclatant vainqueur, qui ne craignit pas de faire appel à ses voisins d'outre-Rhin.

Assassiné au moment où les sujets de Chilpéric en faisaient leur roi, il laissait le gouvernement à son épouse et à son fils, le jeune Childebert, âgé de cinq ans.

La veuve de Brunehaut opta pour une alliance avec son Beau-frère, Gontran de Bourgogne.

De la mort de Sigébert (575) à celle de Gontran (593), Brunehaut dirigea l'Austrasie avec fermeté.

Elle contrôla l'église, tenta de réglementer la vie administrative et commerciale, sévit avec brutalité contre les Ducs qui menaçaient son autorité. Elle dressa contre elle l'aristocratie du pays, qui l'obligea à se réfugier en Bourgogne. De là, elle anima la politique bourguignonne contre les Austrasiens et favorisa la victoire près de Toul d'un de ses petits-fils, Thierry, contre l'autre, Thibert.

Après la mort de Thierry, elle eut contre elle les grands d'Austrasie associés au roi de Neustrie, Clotaire. Elle fut capturée et promptement suppliciée.

Supplice de Brunehaut

Durant son règne des chaussées Romaines furent remises en état.

Une deuxième fois, le royaume mérovingien se trouva, malgré les partages incessants, tout entier réuni en une seule main: Clotaire II, fils de Childéric et de Frédégonde, qui régna seul de 613 à 629. Cependant, dès le début, il lui fallut admettre que Neustrie et Austrasie étaient accoutumées à vivre séparément et il confia le royaume de Metz à son fils Dagobert, qui fut jusqu'à sa mort en 639 le dernier grand roi Mérovingien.

Dès 629, un fils de Dagobert, Sigebert III (ou Sigisbert), reçut la charge de l'Austrasie.

En 656, Grimoald, qui avait fait adopter son propre fils par le souverain avant que ce dernier eut un héritier direct, régna seul sous le couvert de son propre rejeton, appelé Childebert. Il ne put se maintenir plus de six ou sept ans et fut victime des Neustriens.

Dès ce moment, la succession des rois n'offre plus d'intérêt et l'on a peine à donner avec quelque certitude et leurs noms et les dates de leur règne.

Ce sont les maires du palais et les chefs de l'aristocratie qui gouvernent l'Austrasie.

Mairie du Palais

Comme les Comtes, les évêques tenaient aussi la tête; tous se recrutaient dans l'aristocratie des grands propriétaires, héritiers des compagnons du roi vainqueur, riches en domaines sur des territoires étendus, alliés aux derniers représentants des familles sénatoriales. Chaque clan aristocratique cherchait à l'emporter et n'épargnait rien pour aboutir.

Gondoul, Arnoul, Pépin, Grimoald dominèrent Metz durant un siècle.

De Grimoald, lequel succéda à son père Pépin l'Ancien (ou "de l'Anden"), l'Austrasie revint a Childéric II jusqu'en 675.

En 680, elle devint le royaume de Pépin le Jeune qui en 687 en battant Thierry III, roi de Neustrie, assembla les deux pays.

Son fils Charles Martel lui succéda Jusqu'en 741.

En 747, à l'abdication de son frère Carloman, Pépin le Bref, devient le maître de l'Austrasie et est proclamé Roi des Francs en 751 à la place de Childéric III, lequel fut le dernier roi mérovingien.

A sa mort, son royaume fut partagé entre ses deux fils Charlemagne et Carloman.

En 771 à la mort de Carloman, Charlemagne, Roi des Francs, règne seul sur l'empire.

Frise des Mérovingiens

Sous son règne, il fut décidé que l'année commencerait le 25 décembre. Jusqu'à lui le jour de l'an était le 1er mars. Cette tradition dura jusqu'à la fin du Xème siècle où Pâques fut declarée 1er jour de l'année.

Fulrad, abbé de Saint-Denis, fut le conseiller du roi Pépin, puis de Charlemagne jusqu'en 784. Il en reçu de nombreux bienfaits. Ses parents possédaient Einville-au-Jard.

Metz, ancienne capitale de l'Austrasie recevait fréquemment la visite de la cour.

Louis le Pieux ou le Débonnaire, fils de Charlemagne, Empereur d'Occident et   Roi des Francs, affectionnait particulièrement cette région.

Au cours des nombreux partages de l'Empire Franc, préparés par Louis le Pieux et son entourage, le souvenir de l'Austrasie et de la Neustrie était resté vivace. La région entre Manche et Vosges paraissait assez homogène. C'est au partage de 839 seulement qu'une ligne frontière fut a peu près représentée par le Rhône, la Saône et la Meuse. Après la mort de Louis le Pieux et des guerres fratricides, une entente se fit a Verdun en Juillet 843 sous le règne de Charles II le Chauve. On admet la formation d'une "Francie Moyenne" confiée a Lothaire et comprenant avec l'Italie et la Bourgogne la région entre Meuse et Rhin.

On ne connaît les frontières de la Lotharingie que grâce à la relation que fit plus tard l'archevêque Hinemar du partage de Meersen en 870.

Pour ce qui touche à la Lorraine d'aujourd'hui, la part de Lothaire 1er englobait a l'ouest le Bassisny et la région de  Bar-sur-Aube, l'Ornois, l'Asténois, le Dormois, c'est-à-dire qu'elle dépassait largement la limite de la Meuse.

En 855, Lothaire II reçut, tout ce qui se trouvait au nord de Lyon et du lac Léman.

Ses démêlés avec la Papauté et l'impossibilité d'officialiser son divorce d'avec son épouse légitime Theuberge entraînèrent le partage de Meersen.

En 870, son royaume fut ainsi partagé entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, ses deux oncles.

Déjà, faute de pouvoir en parler autrement, on désignait toutes ces régions sous l'expression « Royaume de Lothaire » qui devint Lotharingie.

C'est alors le seul exemple d'un territoire désigné du nom de son Roi.

Le découpage de Meersen ne dura pas plus de dix ans. Puis Louis le Jeune, fils du Germanique, parvint à récupérer la totalité du pays Lotharingien mais n'y commanda guère et laissa les grands s'y disputer les terres et les charges.

Plus tard, Charles le Gros, dernier des Carolingiens à tenir tout l'Empire de Charlemagne, dut intervenir pour combattre la tentative d'un bâtard de Lothaire II, Hugues, désireux de reconquérir le pays; il le fit aveugler lors d'une entrevue à Gondreville.

Pour le Roi Arnoul, élu en 887, l'ancien royaume de Lothaire était une région mal commode à défendre, mais qu'il importait de sauvegarder.

Il empêcha le roi de Bourgogne, Rodolphe, couronné à Toul en 888, de s'y installer et recréa la Lotharingie en royaume annexe de la Germanie au profit de son fils bâtard Zwentibold.

lotharingie.jpg

Le jeune monarque redonna vie à ce pays. Il eut une chancellerie, voulut avoir une politique personnelle. Cela lui fut néfaste : les Gérard, Matfrid, Etienne, Ocader, voulaient rester leurs maîtres et renâclèrent. Il fallut les contraindre, prendre leurs biens et le dernier roi de Lorraine mourut, peu après son père, sans avoir réussi dans ses entreprises.

Les ecclésiastiques, qui géraient le royaume pour Louis l'Enfant, déléguèrent Gebhard, que d'aucuns tiennent pour le premier Duc du pays.

Livrés à eux-mêmes par la mort de Gebhard (910), les grands de Lorraine se rallièrent a Charles le Simple, Roi de France.

Ce dernier s'empressa de mettre en place des évêques favorables sa cause, comme Wigéric à Metz et Gauzelin à Toul.

Il dressa contre lui l'aristocratie locale et surtout son chef Giselbert.

Après sa défaite à Soissons et son emprisonnement, les Lorrains acceptèrent de retrouver la tutelle Germanique.

En 959, ce fut d'abord la cassure définitive de la Lotharingie en deux duchés distincts: les Haute-Lorraine et Basse-Lorraine, opérée par l'archevêque Brunon.

A son tour, la Haute-Lorraine (ou "Mosellane") se vit remembrée en 1033, à la mort du dernier de ses trois ducs: Frédéric II de la maison d'Ardenne-Bar. A côté d'un modeste duché, gouverné par des Ducs de la Maison d'Alsace "Etat-résidu'', peut-on dire, mais qui seul à travers les siècles gardera le nom de Lorraine.

Génealogie royale de la période carolingienne

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