La Renaissance

En 1498, Louis XII, le "Père du Peuple", monte sur le trône de France.

En 1500, la châtelaine, Marguerite d'Athienville paya les frais de la restauration de l'église d'Einville.

Le 17 juin 1506, les frères Jacquot et Philippe de Haraucourt donnèrent leur dénombrement au Duc de Lorraine René II, pour ce qu'ils possédaient à Arracourt, Haraucourt, Drouville,...

Le 10 décembre 1508, décède le Duc de Lorraine René II.
Son fils Antoine, fait, le 13 février 1509, selon la coutume, une entrée solennelle à Nancy et prononce le serment d'usage.

Le 13 Janvier 1510, le Duc de Lorraine, Antoine, fait don à Gérard et Pierron d'Haraucourt de trois étangs et d'un moulin sis au ban de Parroy.

1515 semblerait être l'année de la fondation du château de Serres, par Bernardin de Lenoncourt.

En cette même année, François 1er monte sur le trône de France. Aidé du Duc de Lorraine, Antoine, et du célèbre Chevalier Bayard, il combat les Suisses à Marignan.

Monnaies sous AntoineMonnaies sous Antoine

Monnaies sous AntoineMonnaies sous Antoine

Le 5 août 1522, le curé de Parroy déclare que l'abbé de Belchamp, à cause de l'union de la cure de Laneuveville à sa maison demeurera en possession paisible de lever les dîmes de Belleveurd et Frowart, sans qu'il puisse jamais être inquiété à ce sujet, sous prétexte que ces cantons sont du ban de Parroy.

1526 est la date que porte le montjoie situé à proximité du cimetière d'Hoéville, en bordure de l'intersection reliant ce village à Reméréville et à Courbesseaux.
Ce montjoie était une haute borne de 2m25, régulièrement taillée. Son fût, de forme carrée ramené à la forme octogonale est surmonté d'une niche.
Un motif religieux que renfermait primitivement la niche a disparu. Un second y a été reporté.
Une croix en béton se trouve soudée au-dessus de la niche. On ne connait pas la date à laquelle celle-ci fut ajoutée au monument, mais il semble qu’elle soit d’époque assez récente, puisque parmi les célèbres dessins d’après nature d’Edmond Delorme où figure cette borne, la croix n’apparait pas.
Ce montjoie aurait été érigé en l'honneur de Saint-Gerlifant.
Il était un lieu de pélerinage et de neuvaine pour les enfants de 8 mois à 1 an, à qui la nourriture ne profitait pas.

Montjoie HoévilleMontjoie Hoéville

Le premier jeudi de carême de l'année 1528, une vingtaine de maisons de Xures sont détruites par le feu. Pour réédifier ces dernières, le Duc de Lorraine, cède 40 pièces de bois au prieuré de Xures.

Sur les comptes du trésorier général de Lorraine, il est noté qu'en 1532 des pierres de jaspe ont été tirées des "poirières d'Hincourt" (Athienville) pour la construction d'une fontaine dans le jardin du palais ducal de Nancy.

En date du 21 août 1536, consentement est donné par Thirion d'Anthelupt, abbé de Senones, à la vente que le prieur du prieuré de Xures, dépendant de son abbaye, avait faite aux habitants de Coincourt de plusieurs cens anciens dont, par le laps de temps, il n'avait plus une juste connaissance, ladite vente faite pour la somme de 80 Francs, à remplacer en héritage.

Coincourt, petite commune du pays du Sânon, à deux kilomètres au nord de Parroy est limitrophe avec le département de la Moselle.
Lorsque nous arrivons en ce village par la voie principale (CD 23), un vaste panorama rural et forestier englobe celui-ci.
De ce lieu, ce village apparaît compact, dominé par son église et son château d'eau.
Dès les premières constructions, on se heurte à un carrefour conduisant a un système de rues circulaires. Les usoirs de largeur variable sont décorés d'arbres et de fleurs à la belle saison.
Hors la voie venant de Parroy ou de Réchicourt, deux autres artères aboutissent à Coincourt, le CD 23f venant de Moncourt (Moselle), le CD 23 venant de Mouacourt.
Les 150 habitants environ, composant la population de Coincourt ont comme Maire, monsieur Pascal Pierre.

Le 7 décembre 1540, Jean, Comte de Salm, cède à l'Abbaye de Salival sa ferme de Bézange-la-Grande.

Le 26 août 1542, l'Empereur Charles Quint, déclare par le traité de Nuremberg, le Duché de Lorraine ''libre et non incorporable".

En cette même année,
l'abbé de Senones d'une part,
Pierre d'Haraucourt. chevalier, seigneur de Parroy, Louis de Lenoncourt, seigneur de Serres, Nicolas de Ludres, seigneur de Richardmenil, Georges et Guillaume, seigneurs de Créhange, Yolande de Savigny, veuve de Pierre de Maurigon, Jean Bayer de Beppart, tous seigneurs de Parroy, d'autre part,
font un accord au sujet du bois Gognat, près de Mouvaucourt (Mouacourt).

Souffrant de la goutte, le Duc de Lorraine, Antoine, décède le 14 juin 1544 à Bar-le-Duc où il s'était fait transporter.
Son fils François, en épousant Christine de Danemark, nièce de l'Empereur, se voit promettre par Charles-Quint, la restitution des Duchés de Gueldres et de Juliers.
François 1er (Duc de Lorraine) sur de son fait, ajoute à son blason les armoiries des deux Duchés, qu'il ne possédera jamais malgré l'impériale promesse.
Ce fut la dernière modification apportée aux armoiries du Duché souverain de Lorraine.

Armoiries de François 1er de Lorraine

En 1550, Charles Quint obtient de Christine de Danemark, la restitution de la dépouille mortelle de Charles le Téméraire.

Le 14 avril 1552, Henri II, roi de France depuis 1547 à la tête de 40000 hommes, s'empare des 3 évêchés Lorrains. Il fait étape à Nancy et emmène avec lui le jeune Charles III, afin qu'il reçoive une éducation Française.

1557 est la date inscrite sur une pierre tombale découverte dans l'église primitive de Valhey. Alexandre Joly, archéologue lorrain du XIX° siècle, dont une rue de Valhey porte le nom, avait vu cette église. Dans « Mémoires de la Société d’Archéologie Lorraine », seconde série, volume 8, édité en 1866 (à consulter ci-dessous), il nous offre (à partir de la page 9) les renseignements suivants.
Cette dernière appartenait à une période de transition, entre le moyen âge et la renaissance.
Une chapelle seigneuriale s'ouvrait sur le chœur.
Au-dessus de la porte d'entrée, un linteau présentait des statuettes en ronde bosse polychrome du XVI° siècle, figurant douze apôtres. Ces sculptures étaient, malgré quelques mutilations, remarquables. Une sorte de niche, saillante à l'extérieur, avait été pratiquée dans son mur de fond. Cette église renfermait des pierres tombales en fragments, qui avaient été réemployées pour le pavage du chœur. Une des pierres tombales citées ci-dessus, reproduite par A. Joly porte le nom de Claude Grimoard, seigneur de Valhey, souche par sa fille, de la maison Lorraine des Porcelets de Maillane.

La famille des Porcelets de Maillane a fourni un Saint (St-Eléazar), trois papes (Urbain V, Sixte IV, Jules II), plusieurs cardinaux, archevêques ou évêques, un Lieutenant Général de Charles III.

Mémoires de la Société d'Archéologie Lorraine

Le 17 août 1558, Catherine de Harraucourt, dame d'Ormes, et au nom de Théodore de Saulx, chevalier, seigneur d'Arc sur Thil, vend à Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont, représentant le Duc Charles III, leurs droits et actions ez terres de Parroye, Laneuville aux Bois, semy Bézange, Bathelemont, Baulsemont, Xanrey, Crion, Haudonviller, Hénaménil et dépendances pour la somme de 20000 Francs.

En 1559, le fils aîné de Henri II, devient Roi de France sous le nom de François II.

Le 16 décembre 1559, Antoine d'Haraucourt, seigneur audit lieu et de Parroy, vend au Duc de Lorraine, Charles III, 188 journaux de bois, sis au ban de Parroy.

En 1560, Georges de Créhange reprend en fief de Charles III le demi-quart au château d'Haraucourt, le quart de la seigneurie de Raville, de Bienville, le tiers de la seigneurie de Parroy, etc...

En cette même années Charles IX succède à François II sur le trône de France.

Le 13 janvier 1561, Claude d'Haraucourt, se portant fort de Charlotte de Miremont, sa femme, vend au Duc Charles III, pour 1600 écus d'or soleil, de 4 francs pièce, monnaie coursable de Lorraine, plusieurs cantons de bois situés sur les bans de Parroy, Laneuville et Mouacourt.

Le 26 juin 1562, Nicolas des Fours, seigneur de Semibezange, Hoéville, Courbesseaux et Hincourt en partie, reprend en foi et hommage du Duc Charles III, un fief à Hincourt, Hoéville et Courbesseaux.

Un édit de Charles IX, Roi de France, daté de 1564, fixe le Jour de l'An au 15 janvier.

Le 10 avril 1568, André de Porcelet, fait un échange de biens sis à Vlahey, avec Jean de Trestodamn, commandeur de St-Georges de Lunéville.

Le 18 mai 1569 est la date à laquelle fut érigée en fief la cense d'Hincourt (Athienville), en faveur de Théodore Pétrat, fils du feu noble Jean Pétrat, docteur médecin du Duc Charles III.
Il en avait l'acquisition de demoiselle Annon Pétrat, sa tante.

1570, est la date inscrite sur une pierre tombale découverte à Juvicourt (Parroy).
En ce lieu, situe à proximité de la forêt, se trouvait un ermitage, constitué d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié et d'une maison attenante.

Le 3 avril 1571 Georges, seigneur de Créhange et de Puttelanges, Maréchal héreditaire du Duché de Luxembourg, fait ses reprises du Duc Charles III pour ce qu'il tient de lui en fief en la forteresse de Dorswiller (Rorcheville), aux châteaux, villages et seigneuries de Haraucourt, Raville, Bienville, Courbesseaux, Hénaménil, Crion, Haut Château de Parroye, Pulligny, Ceintrey, Crépey et Maizières.

Dès l'année 1572, les chanoines de Saint-Remy de Lunéville étaient seigneurs en partie de Foucrey (Valhey).

En 1574, Henri III, fils de IX, prend la succession de ce dernier Henri II, frère de Charles sur le trône de France.

Le 23 septembre 1576, est la date où fut érigée une cure à Valhey et ce à la prière de Catherine de Valhey, veuve d'André des Porcelets de Maillane, seigneur du lieu, laquelle donna une maison avec usuaires, sise en la haute rue, pour servir de logement au curé.

En 1578, les chanoines de Saint-Remy de Lunéville, font avec le Sieur Porcelet de Maillane une transaction par laquelle ils renoncèrent au droit de seigneurie et de juridiction qu'ils avaient sur le ban de Foucrey (Valhey).

En 1580, deux habitants de Bures, reconnurent devant l'officiel de la cour de Vic, qu'ils devaient payer à l'Abbaye de Senones la dîme de la laine de leurs brebis.

1580 est l'inscription d'une pierre tombale d'un seigneur de Parroy, découverte à Juvicourt.

En 1581, l'abbé de Senones ascense à Humbert Claude, châtelain à Parroy, le bois Le Pollain, sis au ban de Mouacourt.

1582 est l'année de naissance à Valhey du célèbre Evêque de Toul, Jean des Porcelets de Maillane, grand réformateur d'ordres religieux en Lorraine. Il est mort à Nancy en 1624. Son tombeau se trouve en cette ville, dans l'église Saint-Roch.
Sous la date de 1582, on lit dans les comptes du domaine d'Einville:
"Notre seigneur, messieurs de Parroye et de Châteaubrehain, sont hauts justiciers moyens et bas au village de Bathélémont, hormis en certaines maisons dépendant de l'abbaye de Saint-Sauveur, dites et appelées la court de l'abbé, où notre souverain seigneur est seul haut justicier à cause de la seigneurie d'Einville et non de Parroye.
Les prisons dudit Bathélémont sont à Parroye, où il se fait exécution des criminels dudit Bathélémont
".
On lit également:
"Les sujets habitants d'Athienville doivent chacun an rentes aux seigneurs ....
Doit, le laboureur tenant charrue entière:
- 6 réseaux par moitié de blé et avoine, mesure de Vic, blé de semences payable et rendu à leurs frais à chacun des seigneurs quinze jours après lesdites rentes de leurs greniers...
- Celui qui tient demi-charrue doit en grains et deniers la moitié de ce que dessus.
Tous habitants dudit Athienville qui n'ont charrue doivent chacun, pour leur bourgeoisie, audit terme, 5 sols, monnaie de Metz, qui valent 3 gros 4 deniers;
La femme veuve doit 1 gros 10 deniers.
Tous habitants ayant bêtes annales doivent un denier Messin, à peine de confiscation du bétail recelé;
Tous chevaux tirants doivent un sol, monnaie de Metz.
Aussi chacun habitant, laboureur ou autre, qui se trouve au terme de Noël, doit 3 poules, la femme veuve une et demie...
Le droit d'entrée est de 20 francs pour les defforains et de 10 francs pour l'homme ou femme qui n'est du lieu, la moitié aux seigneurs et l'autre moitié aux habitants.
"

En 1584, fut solennellement renouvelée, en présence des Echevins, de la communauté du lieu et de l'abbé du monastère de Senones, une déclaration dans laquelle il était précisé que ce dernier était seigneur de Bures et y jouissait de certains droits, cités en date du 15 mai 1491 (voir précédemment).

En 1586, l'épouse de Morel Claude, demeurant Serres fut brûlée comme sorcière.

En 1587, le Duché de Lorraine fut traversé par les protestants Allemands (Reitres et Lansquenets) qui allaient secourir leurs coreligionnaires Français.
lls pillèrent et brulèrent tout sur leur passage. De Sarrebourg en passant par Blamont où un jeune gentilhomme Lorrain Mathias Klapsteins se fit remarquer en les combattant, Bayon, Pont-Saint-Vincent aux plaines de Champagne d'Anneau et de Vimory où le Duc de Guise qui les avait suivis depuis Pont-Saint-Vincent les décima, les campagnes Lorraines en gardèrent un douloureux souvenir.
Lors du passage de ces troupes, l'abbaye de Beaupré fut incendiée ainsi qu'un grand nombre de villages.
Parmi les envahisseurs se trouvait un propre chambellan du Duc de Lorraine Charles III, Jacques de Nettancourt Vaubécourt.

Le 13 décembre 1588, Nicolas de Dombasle, écuyer, seigneur dudit lieu, Françoise de la Tour sa femme, Jean Fourault, licencié es lois et Claude de la Tour, sa femme, font le partage de la seigneurie de Parroy, à eux obtenue par le décès de Guillaume de la Tour, leur beau-père.

Contre un retour du protestantisme, et en attendant l'application des réformes décidées par le Concile de Trente, Charles III et son fils le Cardinal Charles de Lorraine, décidèrent d'élever une sorte de barrage spirituel.
Pour cela, et en vue d'un enseignement religieux, qui avait fait jusqu'alors défaut, ils firent appel à des ordres nouveaux: les Jésuites destines avant tout à l'apostolat dans les villes; les Capucins qui avec les Minimes vont surtout évangéliser les campagnes. On comptera en Lorraine, jusqu'à vingt-quatre couvents de capucins.
Aux Jésuites, Charles III confia en 1572 la fondation en Barrois non mouvant de l'université de Pont-à-Mousson qui put fonctionner dès 1574.
Quant aux trois villes épiscopales, occupées par la France depuis 1552, elles eurent une attitude assez différente au cours des luttes, qui remplirent la seconde moitié du XVI° siècle.
Pour leur part, Toul et Verdun, à l'exemple de Charles III et d'accord avec lui, adhérèrent en 1589 à la ligue catholique. Metz tenait pour le Roi de Navarre.

1558 est la date de la fondation du couvent des minimes de Serres.
Il est le premier de cet ordre établi dans la région.
Il fut fondé par Jean de Lenoncourt et sa femme Barbe du Puy du Four. Ces derniers ne se bornèrent pas seulement à ériger un couvent, ils établirent une école gratuite pour les enfants de la paroisse, afin de les disposer à suivre les cours du collège de Pont-à-Mousson.

Voici ce que disait l'acte de fondation du couvent:
"... L'an de grâce mil cinq cens quatre vingts et huiet, le troisiesme jour de novembre, au chasteau et maison forte et seigneurialle de Serre..., pardevant nous, notaire juré au tabellionnage de Lunéville, soubzeript, sont comparus honoré seigneur messire Jehans de Lenoncourt, seigneur de Serre, Maron, Messein, La neufville au bois, conseiller d'estat et chambellan de son Altesse, son bailly de Saint-Mihiel et cappitaine d'une compagnie de cent lances chevaulx légers pour le service de son altesse, et Dame Barbe Du Puy Du Four, son espouse, lesquelz, d'un zelle de piété et bonne affection qu'ilz ont à l'honneur et service de Dieu et à la religion catholique..., pour la devotion particulière qu'ils ont à l'ordre des frères Mynimes, institué par Sainct François de Paulle..., ont... érigé et fondé..., en ce lieu de Serre, soubz le nom de la saincte Trinité, ung couvent et communaulté dudict ordre des Mynimes en nombre de douze religieulx, en la manière que sensuict.
Savoir est que pour bastir et construire ledict couvent, ilz donnent... audict ordre une place et portion de terre située... proche et joignant le jardin et parterre dudict seigneur..., auquel lieu y a une petite église et deux corps de logis bastis..., comme le tout a esté montré aux religieulx..., laquelle place ils promettent..., descharger de toutes subjections... et en icelle terre et place faire construire et bastir de bonnes matières ung couvent avec tous les membres et parties, au plus près du portraict qui en a esté faict... entendanq les... fondateurs y faire servir... la petite église et austres bastimens qui sont ja faictz audict lieu;
Ledict couvent consistant à une église, cloistre chapelle, sacristie, réfectoire, escolle, librairie, dortoirs, cuisine, chambres d'hoste et aultres offices et officines necessaires audict couvent..., et aussi faire bastir separement et hors ledict bastiment ung petit corps de logis appelé l'enfermerie contenant deux chambres haultes avec une petite chapelle...
Pour la dotation et fondation duquel couvent..., les ... fondateurs ont donné... auxdistz religieulx la somme de douze cens livres tournois de rente annuelle et perpetuelle, faisans dixhuict cens francs monnaie de ce pays, avec aultres deux cens francs de cesdicte monnaie de Barrois, pour l'entretenement de deux regens que les fondateurs ont volonté d'instituer audit lieu...
Pour le bien et honneur de ce pais et pour la consolation des voisins et subjectz des sieur et dame fondateurs, et affin que la jeunesse de ce lieu et aultres proches d'icelluy puissent estre cathechisez et enseignez en la foy et crainte de Dieu et instruictz des lectres et premiers fondement de grammaire, pour estre renduz capables d'aller au collège du Pont a Mousson ou aultre part que bon leur semblera, pour servir tant à l'église qu'à la républicque, ont lesdictz sieur et dame fondé et érigé...
deux régens et maistres d'escolles qui seront choisis par lesdictz sieur et dame... sur lesquelz regens lesdictz religieulx auront esgard avec puissance en cas qu'ils ne fassent leur debvoir ou qu'ils feissent quelque insolance, de les destituer et d'en mettre d'aultres. Lesquelz regens feront leurs lectures conformes à ce qui sera leu aux basses classes du college de Pont a Mousson... Lesquelz regens lesdictz sieur et dame fondateurs seront tenuz loger au lieu qui est proche dudict couvent...; dont pour le salaire desdictz regens, les... fondateurs leur assigneront en constitution de rente deux cens francs... Et par ce moyen enseigneront les enfants gratis et sans exiger aucun salaire... L'un desquelz regens, avec quelque nombre de ses enfans, seront tenuz de venir chacun jour... en la chapelle du chasteau dire le salut comme on a de coutume.
Veullent et ordonnent... que trois basses messes de fondation qui sont à la chapelle eudict chasteau de Serre, fondées en 1515 par le feu sieur Benardin de Lenoncourt grandmaistre de l'artillerie du Duc de Lorraine, Grand père dudict fondateur (et par Philippe de Raville, sa femme), soient dictes et et célébrées addict couvent par lesdictz religieulx, et que l'un d'eulx sera tenu de venir, tous les jours qu'il plaira ausdictz sieur et dame et à leurs successeurs, dire la messe en la chapelle dudict chasteau...
"

Roi de Navarre depuis 1572, Henri IV devient Roi de France en 1589.

En 1591, Laurent Arbelin, habitant de Serres, reconnu comme sorcier est brûlé vif en ce village.

Le 30 juin 1592, Christophe de la Vallée, évèque de Toul approuve la fondation du couvent des minimes de Serres.

Refusé par les Catholiques Français, Henri IV abjure le protestantisme en 1593 et entre à Paris l'année suivante.

En date du 22 janvier 1594, une pièce intitulée "Advertissement du receveur et gruyer d'Amance, touchant la nature du village de Courbessault" contient les passages suivants:
"Les habitants dudit Courbessault n'ont accostumé payer plusieurs rentes et redebvances que ceulx de la mairie de Réméréville, savoir: Réméreville, Erbéviller et Velaine payent, comme par chacun an au terme de la feste Notre dame en septembre, tous et chacun lesdits desdicts trois villages sont tenus conter et donner déclaration de tous et chacun leurs bestiaulx, comme chevaulx, bestes rouges et autres, et paier, savoir :
Pour le cheval de cherue...
Pour les bestes anals (bêtes aumailles, bêtes à cornes) chacune deux deniers...

Ont accostumé lesdits de Courbessault user d'ung droit que l'on apelle tourner la thuile et moyennant 2 sols 6 deniers, se peuvent rendre subject soubz les sieurs d'Ohéville et y demeurer ou bien contretourner la thuile et se remettre sous les deux princes.

Oultre, lhors qu'il arive quelque nouveau marié audit Coutbessault, sy le sergent d'Ohéville, vient le premier luy mestre la verge sur l'epalle, il est subjet audit sieur d'Ohéville; Sy celui de Réméréville vient le premier, il est subject des princes, néantmoins peult tourner la thuile pour l'ung et pour l'autre, ce que lesdicts de Réméréville, Velaine et Erbéviller ne peuvent faire.

Lesdits de Courbessault ont toujours différé d'obéir au commandement d'ung maieur de Réméréville, y ayant audit lieu ung sergent, lequel fait la levée des deniers des aydes généraulx, donne la déclaration des conduictz dudit Courbessault et tesmonnage necessaire et porte les deniers des aydes ordinaires et extraordinaires sans que le maieur de Réméréville en ait cognoissance."

En date du 29 août 1594, un échange est fait entre Christophe de Bassompierre, Baron de Haroué, Grand-maître de l'hôtel du Duc et, Jean Humbert, Conseiller secrétaire du même prince.
Le sieur de Bassompierre cède au sieur Humbert, au nom du Duc, les dîmes dites "corvaux", sur les bans d'Einville et Bonviller, contre une portion des seigneuries d'Haraucourt, Courbessault, Holvesse et le gagnage seigneurial en dépendant.

1597, est la date inscrite sur une tombe découverte récemment au lieu dit "Juvicourt" à Parroy.

En date du 1er avril 1598, le Duc de Lorraine, Charles III, conscient du rôle des "Plaids annaux" ou "Plaids Bannaux" rend par une ordonnance, la tenue obligatoire de ces derniers.
Ces réunions, survivances des "Plaids judiciaires" carolingiens, permettaient de réaffirmer les liens entre le seigneur et ses sujets.
Tous les chefs de famille, sans distinction, Manouvriers, Laboureurs, Veuves ou femmes faisant feu à part, avertis le dimanche auparavant, à la sortie de la messe paroissiale, par le maire ou commis des lieux, devaient y assister sous peine d'amende.
C'est le seigneur qui décidait de la convocation des plaids annaux, une ou plusieurs fois dans l'année.
Il présidait parfois lui-même l'assemblée, mais plus généralement se faisait représenter.
L'ordonnance citée ci-dessus, fixait la réunion des plaids annaux dans la première quinzaine d'octobre, après la St-Remy et l'amende à 5 francs pour les absences non justifiées.
Elle en précisait et uniformisait la procédure et le contenu de cette manière:
- Appel des sujets,
- Déclaration des droits seigneuriaux et des rentes,
- Nomination des Officiers de justice,
- Reddition des comptes de la communauté,
- Fixation des règlements de police locale,
- Paiement des amendes.
Un des objets essentiels des plaids annaux était la proclamation des droits et des rentes du seigneur, ainsi, à Arracourt, les habitants étaient appelés à entendre la lecture desdits droits, et pour satisfaire à tous ce dont ils seraient requis...
La liste des droits, rentes et cens divers étaient quelquefois récitée, par le maire, par un Echevin, par un ancien du village, mais plus généralement elle était lue par un Officier de justice ou par un clerc.
Les droits qu'on cite le plus souvent concernent, la taille, les corvées, les redevances en nature ou en argent. Mais venaient s'y ajouter de nombreuses exigences variables d'une seigneurie à l'autre telles que,
- Rouage sur la circulation des marchandises,
- Taxe sur la vente du vin et de la bière,
- Guet et garde du château,
- Entretien des remparts et des fossés,
- Droits de successions.
On précisait parfois quelques questions de détail comme:
- La dimension des mailles des filets de pêche,
- La grosseur des miches de pain.
A Bures, on lit dans un ancien procès-verbal de plaids annaux tenus en ce village:
"La métairie de Saint-Pancrace doit, pour reconnaissance particulière, à la haute justice de Bures : 2 gros.
Et, les résidents sont obligés de comparaître à Bures toutes et quantes fois ils y sont commandés à peine d'amende, comme aussi à la baguette du sergent.
"
Enumération des droits dont jouissait l'Abbaye de Domèvre au village d'Arracourt, relevée par procès-verbal des plaids annaux:
"Les sieurs prieurs et chanoines réguliers de l'Abbaye de Saint-Sauveur transférée à Domèvre, à cause de leur église de Saint-Sauveur à Domèvre, sont seigneurs fonciers du fond et de la roye dudit Arracourt, sans préjudice de leurs prétentions pour la haute, moyenne et basse justice, qui leur a appartenu par ci-devant; Auquels seuls et privativement de tous autres seigneurs voués ou autres, appartient de créer et instituer la justice et y établir Officiers et sergents, choisissant à cet effet toutes et telles personnes sans reproche, tant d'Arracourt que d'autre lieu, sans distinction aucune ni de laboureurs, ni de manœuvres, à leur volonté de choix, pour ceux en qualité de Procureur d'office, Maire, Maître, Echevin, Greffier, Doyen, y exercer tous devoirs et prendre connaissance de toutes actions personnelles réelles et mixtes, comme aussi au pétitoire concernant les immeubles, les gagères et faits de reprise par les bangards, comme aussi des dommages et intérêts es grains, chaptels et fruits des champs, même des embornements et les réglements d'iceux; Desquels gens de justice lesdits seigneurs prieurs et chanoines réguliers reçoivent au préalable le serment sans contredit...

Les plaids annaux se doivent tenir environ la Saint-Martin pour la première fois, pour la seconde au lundi après les Rois, auxquels temps et jours lesdits seigneurs sont assistés, si bon leur semble d'un Procureur d'office par eux nommé et établi pour y aider et administrer bonne justice aux habitants et forains (étrangers possédant des terres sur le ban), lesdits jours et lendemain, et à la huitaine desdits plaids annaux, qui est la troisième fois, ladite justice briève et sans salaire, où ils ordonnent aux Maires et gens de justice de faire appeler au son de la cloche, par trois fois et reprises tous les habitants qui doivent se trouver au logis dudit Maire pour assister à l'ouverture d'iceux, et appelés à trois fois réitérées de leur nom et de leurs personnes à entendre la lecture desdits droits, et pour satisfaire à tout ce dont ils seront requis de droit et de justice, et qui y fault (celui qui manque) à une fois desdits appels de leur personne, doit une amende arbitraire auxdits seigneurs...

Leur appartient aussi de mettre le ban aux grains et autres fruits et prescrire temps pour briser icelui et faire la récolte lesdits fruits et grains.
Peuvent aussi faire la banvoire des près et paquis et autres héritages, sous peine de 5 sols d'amende par chacune bête y trouvée, ou autre peine plus grosse ou plus petite selon l'exigence du cas...

A cause des petits fours que lesdits seigneurs ont permis à un chacun des habitants de pouvoir bâtir en leur maison pour y cuire leur pâte ou autrement en user à leur volonté au lieu du four banal auquel lesdits habitants sont sujets, ils leur doivent payer ménage, chacune année, au jour de Saint-Martin d'hiver, 3 gros.
De plus, tous et chacune desdits habitants d'Arracourt, doivent auxdits seigneurs, aux jour et fête susdits 3 blancs de cens annuel pour la liberté qu'ils ont de vaine pâture au bois dit de Vatzimont et aux souilles dudit bois appartenant auxdits seigneurs.

Lesdits seigneurs ont aussi droit d'avoir et entretenir un moulin audit Arracourt, lequel droit et usine ne peuvent bâtir et avoir que lesdits seigneurs à cause du fond comme à eux appartenant en ladite qualité de fonciers et autre, si ce n'est de leur aveu et consentement.

Tous et chacun desdits habitants d'Arracourt et Bathelémont doivent un denier payable par chacune année, au lendemain de Noël, auxdits seigneurs ou à leurs commis pour reconnaissance des ponts du guet dudit Arracourt, lequel droit se dit pontenage.

De plus tous et chacun desdits habitants, soit laboureur ou manœuvre qui ne doivent aucun cens en deniers ou autrement auxdits seigneurs de leur propre aveu, leur doivent ou leur fermier une tournée de corvée par chacun an, à la volonté desdits seigneurs, tant pour le jour que pour le travail, lesquels laboureurs ou manœuvres sont nourris par iceux seigneurs ou fermiers commis; Laquelle journée s'est faite de tout temps et est appelée corvée d'eaux.

Tous et chacun desdits habitants d'Arracourt et autres forains qui ont maison, terres et héritages audit lieu ou ban en dépendent, venant à décéder audit Arracourt ou hors audit lieu, tous et un chacun de leurs héritiers qui appréhendent leur succession, doivent, au préalable, relever desdits seigneurs, et ce dans quarante jours à compter dès celui du décès des défunts ou défuntes, et leur payer le droit de relevage, qui est, pour chacun desdits héritiers: 4 pots de vin s'ils sont habitants dudit Arracourt; 8 pots ou la valeur s'ils sont déforains; au choix desdits seigneurs, le tout à peine de commise et de confiscation, sans que les hoirs des défunts ou défuntes puissent prétendre aucun droit aux biens ou héritages que lesdits décédés avaient auxdits lieu et ban, si ce n'est au gré desdits seigneurs.

Lesdits seigneurs ont droit d'élever et de faire bâtir un pressait banal à pierre pendante, ou ceux du lieu qui ont des vignes doivent pressurer et payer suivant la coutume du lieu.
Appartient auxdits seigneurs le droit de haut passage dudit Arracourt, dont le droit et usage de recevoir est tel comme de s'en suit, savoir:
Que tous les chars et charettes chargés même de marchandises, sont rédimables d'un gros pour le char et de deux blancs pour la charette à l'équipolent,
Pour le char chargé de sel, un blanc,
Pour la charette, deux deniers,
Pour le cheval chargé de marchandises, six deniers
Tout homme portant à col marchandises, un denier
Pour le char et charette chargés de vin, pour chacun fond de tonneau, trois deniers, qui font six deniers pour chacune pièce de vin,
Pour le passage du bétail:
Pour le boeuf, trois deniers,
Pour la vache, deux deniers,
Pour le cheval roncin, six deniers
Pour le cheval hongre, quatre deniers,
Pour la cavalle, trois deniers,
Pour cent moutons, un mouton,
Pour cent brebis, une brebis,
Pour cent porcs, un porc,
Tout porteur de raffles chargés de verres doit un verre qui lui doit être rempli de vin par le seigneur ou fermier.

Tous les déforains possédant terres ou héritages audit lieu d'Arracourt ou au finage d'icelui, sont tenus, par eux ou par leurs fermiers ou autre de leur part, répondre aux plaids annaux à l'appel de leur nom qui se fait par le doyen à voix intelligible, à la porte du Maire dudit lieu, ayant avec lui deux recors, lequel doyen doit faire son rapport au Maire de leur non comparution, et ensuite, à cause d'icelle, les condamner à l'amende; Lequel appel de leur nom se doit faire trois fois le jour, et tous déforains ou autres répondant pour lesdits déforains appelés, doivent trois gros, lesquels se payent à leursdits seigneurs ou à leur Maire, auquels les fermiers ou autres répondants doivent mettre leur procure de comparition.

Appartient aussi auxdits seigneurs un droit dit de trapage, terres sujettes auxdits droits doivent à savoir que toutes les auxdits seigneurs de vingt-quatre gerbes une.

Ceux dudit Arracourt voulant faire la fête le cri mené aux seigneurs dudit lieu et ne le peuvent faire sans la permission du maire et sans s'accorder avec lui pour ce sujet."

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