Le Grand Siècle

 

Le 20 mars 1604, André des Porcelets, Seigneur de Valhey, Ville, Frouard, etc.., Bailli et Superintendant de l'évêché de Metz, au nom de Jean des Porcelets, Seigneur de Maillane, son père, Maréchal du Barrois et conseiller d'Etat du Duc de Lorraine, Charles III, vend à Catherine Go, veuve du sieur de Gatinois, Seigneur de Drouville, etc..., le quart par indivis de la terre de Moncel.

 

« Ange tenant le médaillon de Jean des Porcelets de Maillane, avec la Foi et l’Espérance »,
sculpture de César Bagard, exposée au Musée Lorrain de Nancy



Par lettres datées du 29 avril 1604, Claude de Malvoisin, Seigneur d'Aboncourt, trésorier général des finances du Duc de Lorraine, Charles III, cède à ce dernier les parts et portions qu'il avait en hautes, moyennes et basses justices de Parroye, Harraucourt, Xanrey, Bathelémont, Semibesanges et Bauzemont, avec 300 arpents de bois, en échange de la terre et seigneurie de Hammeville et dépendances.

Le 20 novembre 1604, les Seigneurs de Coincourt, ascencèrent aux habitants de ce village, moyennant une somme de 200 francs et une redevance annuelle de 50 francs Barrois, le bois des quatre-journaux, contenant environ 4 arpents et le bois du four, de 80 arpents.

On lit, dans les comptes d'Einville, pour l'année 1605:

" " Notre souverain Seigneur le Duc de Lorraine, MM de Château-Bréhain, de Parroy, de Holvese, de Galiot et d'Aviller, sont tous Seigneurs hauts justiciers au lieu de Parroy, usant de tous les droits de haute justice chacun en sa seigneurie, créant prévôts et gens de justice ou particulièrement ou indivisément comme s'ensuit, savoir;

" En la seigneurie du haut château y a deux prévôts, l'un créé par Monseigneur et M de Parroy, l'autre par MM de Galiot et d'Aviller; et combien que MM de Holvesse aient part en la haute justice, toutefois n'ont aucune connaissance à la création d'un prévôt et ne prennent part aux amendes ni aux fours, sinon aux confiscations et rentes en deniers et en grains.
" Les étangs et moulins dudit Parroy sont dépendants du haut château et se partagent entre les différents Seigneurs...
" Il y a aussi deux prévôts en la seigneurie du bas château qu'on dit la court, l'un créé par l'Officier de Monseigneur et M de Parroy l'autre créé par Mr de Château-Bréhain particulièrement.
" Les sujets ne peuvent acheter ni vendre héritages aux sujets de l'autre seigneurie qui doivent censive aux Seigneurs, ni aussi marier enfants de l'une des seigneuries à l'autre, qui puisse hériter sans la permission de leursdit Seigneurs
" Tous les Seigneurs font ériger un seing patibulaire sur le ban dudit lieu par commun accord.
" Les hommes de notre souverain Seigneur et de ses comparsonniers Seigneurs dudit Parroy en la seigneurie du haut-château, doivent chacun an rentes au terme Saint Remy, savoir :
- Chacun manouvrier, 12 deniers,
- Le cheval oisifs, 6 deniers
- La vache, 6 deniers
- La menue bête, 1 denier,
- La femme veuve ne doit aucun denier mais est tenue compter son bétail.
- Chaque bête tirant la charrue doit six bichets, par moitié blé et avoine, mesure de Vic, et en argent 12 deniers.
" Les fours de Parroy appartiennent à tous les Seigneurs du lieu, et doit chacun par an 4 gros de four et la femme veuve 2 gros, payables à deux termes, la moitié au jour St-Jean-Baptiste et l’autre à Noël suivant.
" Notre souverain Seigneur et ses comparsonniers en la seigneurie du haut-château ont leurs sujets partagés contre les autres Seigneurs lesquels doivent chacun an, rentes au terme des Bures, savoir:
- Le manouvriers, 12 deniers,
- Le cheval tirant, 12 deniers,
- La vache, 6 deniers,
- La menue bête annale, 1 denier,
- femme veuve ne doit aucune rente, mais est tenue La compter son bétail.
" Notre Souverain Seigneur et ses comparsonniers ont leurs hommes partagés en la seigneurie de la Court contre le Seigneur de Chateau-Bréhain, lesquels doivent par chacun an rentes audit jour des Bures, comme dessus.
" Chacune bête trouvée en dommage sur le ban dudit Parroy, dès le jour de fête Saint-Georges jusqu'au jour de la fête Saint- Jean-Baptiste suivant, doit 2 deniers poirries.
" Aussi est de coutume que chacune bête trouvée en dommage dès le jour de fête St-Jean-Baptiste jusqu'après la moisson, doit 12 deniers, qu'on dit les montes, et les vendent lesdits Seigneurs chacun sur leurs sujets. " Il est aussi de coutume en la seigneurie du bas château que chacune bête trouvée en dommage dès le jour de fête St-Jean jusqu'après la moisson, doit semblablement 12 deniers de monte, et se vendent comme dessus. " "

On lit dans ces mêmes comptes du domaine d'Einville à la date de 1605:

" Notre souverain Seigneur et les Seigneurs du haut-château de Parroy pour un tiers, messieurs les comtes de Réchicourt et les sieurs de Holvesse pour un autre tiers, et le sieur commandeur de St-Georges les Lunéville pour l'autre, sont indivisément Seigneurs hauts justiciers, moyens et bas en la seigneurie de Neufville, à eux appartenant tous commandements, création de Maire et justice, confiscations, amendes, épaves, attrabières et tous droits de haute justice. Les prisons dudit village sont au lieu de Parroy et se dressent les procès des criminels audit lieu de Parroy, et si aucun est convaincu de crime, l'exécution s'en fait a la dite Neufville, où il y a seing patibulaire et carcan.

En 1606, un nommé Jean Vergier, serviteur à un moitrier dudit Riouville, convaincu d'avoir commis meurtre, fut condamné par ladite justice à être pendu, attaché et étranglé à un arbre audit ban, au bas des ruelles, et ses biens déclarés acquis à tous les Seigneurs dudit lieu.

Médaillon de Charles III, gravure de P. Woëiriot, 1591



14 mai 1608, décès du Duc de Lorraine Charles III

Un proverbe Lorrain disait que les plus magnifiques cérémonies qui pouvaient se voir en Europe étaient:
- Le couronnement d'un Empereur à Francfort,
- Le sacre d'un Roi de France à Reims,
- L'enterrement d'un Duc de Lorraine à Nancy.

Pompe funèbre de Charles III, gravure de Brentel



Les cérémonies de l'enterrement du Duc Charles III durèrent deux mois et quatre jours, en voici le résumé, tiré d’écrits d’époque:

"Le Duc meurt le 14 mai 1608.
Son corps est embaumé et transporté le surlendemain dans la chambre des trépas ou il reste, recouvert de velours et de draps d'or, sous un grand dais, parmi les cierges. Des valets de chambre en deuil et des gens d'église qui psalmodient, le veillent.
On l'y laisse jusqu'au 8 Juin pour permettre aux marchands de Nancy de réunir tous les velours, serges et draps qu'il faudra pour le deuil de la cour.
Le 8 juin, la salle d'honneur est tendue de tapisseries. Au haut de la salle, sur une large estrade entourée de balustres, on dresse un lit d'honneur au-dessus duquel est élevé un grand dais que décorent des alérions et des cornes d'abondance.
Autour du lit, on dispose des chandeliers et une croix d'argent surchargés de pierreries, puis la chapelle et le prie-Dieu du Duc, et enfin sa table et son fauteuil pour le couvert.
Une effigie du défunt est couchée sur le lit d'honneur, vêtue d'un pourpoint de soie cramoisie, d'une tunique d'or et d'un manteau à la royale, fourré d'hermine mouchetée, dont les plis retombent jusque sur les pieds du lit.
Elle est coiffée d'un petit bonnet rond constellé de diamants et de perles.
Sa tête repose sur des oreillers de drap d'or frisé d'or. Sur d'autres oreillers, sont déposés le sceptre et la main de justice.

Dès que la salle est ouverte, on y introduit les Gentilshommes et les Officiers de la cour, les hauts fonctionnaires du Duché, les Prélats et les Chanoines.

Après le chant des vigiles et des thurifications (encensements), commence l'extraordinaire simulacre du souper de l'effigie.

" Au couvert pour feue Altesse ! ", crie un huissier de la salle les fourriers dressent la table.
" A la viande pour feue son Altesse! " crie le même huissier et les pages vont à la cuisine chercher les mets. Ils en font l'essai, puis les portent dans la salle avec les révérences accoutumées.
" L'échanson présente les boissons devant le fauteuil vide.
" L'aumônier dit le Bénedicité.
" Le pannetier découvre les plats et les services se succèdent ainsi jusqu'au dessert.
" L'aumônier dit les grâces.

Les mets sont distribués aux pauvres.

Du 9 juin au 13 juillet, chaque jour les dîners et les soupers, alternent avec les offices et les psalmodies des prêtres.

Le 14 juillet, on offre à feue son Altesse un dernier souper, celui-là est servi à la " Royale ", c'est-à-dire que les mets viennent sur la table précédés de hérauts et de trompettes.

On passe alors de la salle d'honneur à la salle funèbre, la galerie des cerfs, qui a reçu un décor approprié.
Les trophées de chasse ont disparu, tous les murs sont tendus de noir.
Le cercueil du Duc est posé sur des tréteaux recouverts de tentures de deuil et on y place la couronne, le sceptre et la main de justice.
Au milieu de la salle une balustrade contient la multitude.
Comme les draperies interceptent la lumière du jour, la galerie est éclairée par les chandeliers de l'autel, les vingt-quatre cierges brûlant autour du cercueil et quatre lustres garnis de serge noire.
Dix fauteuils sont réservés au premier rang pour le nouveau Duc et les Princes de sang. Il y a des sièges pour la noblesse, les ambassadeurs, les prêtres et les religieux.
Des valets gardent le cercueil.

Deux jours durant on célèbre des offices funèbres.

Enfin, le 16, Messieurs du clergé et de la noblesse ainsi que les Officiers de la couronne se réunissent dans la cour du palais ou les hérauts d'armes, suivis de vingt crieurs et sonneurs de clochettes, crient l'édit funèbre, qu'ils vont répéter devant St-Evre et dans la ville-neuve.

Le lendemain, trois cents pauvres portant torches, trois cents bourgeois portant cierges, la pompe funèbre se déroule par les rues de la ville-vieille.
Nobles et prêtres forment le cortège.
Quatre chevaux, caparaçonnés et empanachés, sont menés au convoi :
- Le cheval d'Honneur,
- Le cheval bardé pour la bataille,
- Le cheval de secours,
- Le cheval de service.

Le cercueil est ainsi porté dans la collégiale St-Georges où l'on a échafaudé un étrange décor composé d'obélisques et dont l'ordonnance parait magnifique et singulière.
L'enterrement définitif n'a lieu que le lendemain.
Henri II succède au Duc de Lorraine Charles III.

Le 25 décembre 1608, Balthazard Fournied, tailleur aux salines de Château-Salins, vend au Duc Henri II, le tiers en une pièce de bois de 112 arpents avec gagnage de la chapelle d'Athienville.

Henri IV (La poule au pot)

14 mai 1610, assassinat d'Henri IV, Roi des Français alors qu'il désirait rendre visite à Sully.

Rue de la Ferronnerie, son carrosse fût arrêté par deux charrettes, l'une chargée de foin, l'autre de tonneaux de vin
Profitant de cet arrêt forcé, François Ravaillac, maître d'école, puis frère convers chez les Feuillants, persuadé qu'Henri IV voulait faire la guerre au Pape, pour prévenir ce crime, décida de mettre terme à la vie du Roi et plongea à deux reprises un poignard dans la poitrine du souverain.

Ravaillac

Désarmé par M. de Saint-Michel, le régicide fut sauvé d'un massacre immédiat par le Duc d'Epernon et conduit par M. de Montigny à l'hôtel du Duc de Retz, rue Saint-Honoré.
Dès le 15 mai 1610, il fut transféré à la Conciergerie, enchaîné et questionné.
Au cours de son procès, il déclara toujours avoir agi seul.
Le 27 mai, Place de Grève, il renouvela cette affirmation, après avoir été pendant une heure et demi tenaillé par le bourreau qui versait du soufre et du plomb fondu sur ses plaies ouvertes.
Le corps de Ravaillac fut écartelé par 4 chevaux qui ne purent suffire à la tache. Il fallut démembrer le corps à la hache. La foule de dépeça et en brûla les morceaux à tous les carrefours.

Supplice de Ravaillac

Louis XIII le Juste succède à Henri IV sur le trône de France

Le 28 novembre 1610, à Einville, une nommée Barbillon, femme de Gérard Claudon, de Bathelémont fut exécutée pour crime de sortilège.

Par lettres patentes en date du 24 octobre 1612, le Duc de Lorraine, Henri II érige en fief, en faveur d'André des Porcelets, Seigneur de Valhey, un gagnage appelé Vaudrecourt, avec les terres et bois en dépendant. Cette métairie, dont le fermier devait un cens annuel de 4 gros 8 deniers, à la St-Jean-Baptiste, fut abandonnée pendant la guerre de 30 ans (1618-1648).

Mai 1613, dédicace solennelle de l'église de Serres, faite par l'Evêque de Toul, Jean des Porcelets.

En 1616, un propriétaire terrien d'Hoéville se nomme Antoine de la Grotte.

1617, est la date que porte un titre confirmant qu'Henri de Ludres, comte d'Affrique, est co-seigneur de Parroy, avec Théodore d'Haraucourt.

1618, année de la constitution de la confrérie du Rosaire en l'église de Serres.

26 mars 1619, serait la date de l'exécution par le feu, à St-Dié, de Jeannon, femme de Marcel Barthélemy du Four de Coincourt, pour crime de sortilège.

Le 14 mai 1620, Affrican de Bassompierre, Baron de Removille, donne ses reversales à cause d'échange fait avec le Duc de Lorraine Henri II, lequel lui a cédé tout ce qu'il avait ez seigneurie de Dommartin etc... contre les haute, moyenne et basse justices, cens, rentes de Sainte-Pôle, Athienville, etc...

Le 16 juin 1620, Le Duc de Lorraine Henri II, cède à Antoine de Gastinois, Seigneur de Drouville, commandant deux compagnies de ses chevaux légers, ce qu'il avait en haute, moyenne et basse justice de Courbesseaux, contre le 18ème en seigneurie, vouerie et haute justice de Maixe et dépendances.

En date du 21 mars 1622, il est dit dans un passage des comptes de la seigneurie de Bauzemont, rendus à Mr le comte de Torneille, Seigneur de Xures:

" Au village de Xures, Eveché de Metz, mondit Seigneur est seigneur voué pour la moitié contre vénérable personne Domp Cunin Varin, prieur et seigneur haut justicier, moyen et bas dudit lieu, pour l'autre moitié, par acquet fait audit prieur ".

" La rouerie consistant en ce que tous les hommes dudit lieu doivent par an:

- Pour chacune vache laitière, dix deniers,
- L'homme ou la femme qui n'en a point, doit de même dix deniers,
- Pour chaque cheval tirant, cinq deniers, avec une quarte de blé et autant d'avoine, mesure de Vic.
- L'homme en communauté doit aussi, par chacun an, deux poules,
- L'homme veuf ou la femme veuve, une poule.

Outre ce, chacun conduit entier doit par an, un poulet.

Les payeurs et sergents sont exempts des rentes en grains, poules et poulets, ainsi que les deux pâtres des grandes et menues bêtes.

Ces rentes et redevances sont dues au jour de l'Exaltation Sainte Croix ou autre jour, environ ledit temps, qu'il pâlit à Monseigneur et au sieur prieur à choisir. "



Dans ces mêmes comptes, il est dit:

" Quand il y a appréhension de quelque délinquant, ledit sieur prieur, en qualité de haut justicier, le détient en sa maison, où il y a sept fonds de fosse; lequel fait faire son procès par la justice dudit lieu, à ses frais et dépens, jusqu'à ce que la sentence soit rendue, pour être mis entre les mains des seigneurs voués pour en faire l'exécution."


Le 25 février 1623, Simon Aubertin, écuyer donne ses reversales au Duc de Lorraine Henri II à cause de la donation à lui faite du droit de sauvegarde que ledit Duc avait à Juvrecourt, à la réserve d'une quarte d'avoine, une poule et un gros d'argent que les habitants continueront à lui payer pour témoignage de ladite sauvegarde.

Mesures en usage dans le duché de Lorraine à cette époque


Longueur:

l pouce = 2,86 cm
1 pied =10 pouces
1 verge ou toise = 10 pieds
1 lieue =1750 toises = 5003,25m

Surface:

1 jour (pour les terres)
1 fauchée (pour les près) = 20,44 ares
1 arpent (pour les bois)
1 jour ou journal = 10 omées ou hommées = 250 verges carrées

1 verge carrée ou toise carrée = 8,17 m²

Capacité:

1 résal = 4 bichets ou 4 quartes
1 résal de blé = plus de 100 litres mais variable suivant les lieux
1 mille ou millier de foin = mille livres soit 500 kg. Ce qui représente 50 bottes de 10 kg, liées avec 2 liens de paille de seigle.

Monnaie:

1 Franc = 12 gros
1 gros = 4 blancs
1 blanc = 4 deniers
1 denier = 2 oboles

Le 28 octobre 1623, Simon Aubertin, Seigneur de Juvrecourt, cité précédemment, conseiller d'Henri de Bourbon, évêque de Metz, donne ses reversales à cause de la cession qui lui avait éte faite par le Duc de Lorraine, moyennant 3000 francs, des parts et portions que ce dernier possédait en la seigneurie de Bathelémont, droit de sauvegarde, et ce qu'il avait en la rue dite " La cour l'abbé, à Bathelemont ".

En 1624, François II, frère du Duc de Lorraine Henri II succède à ce dernier durant quelques jours, puis laisse le duché à son fils Charles IV.

Alors que la guerre de 30 ans fait rage, une note des comptes du domaine d'Einville, datée de 1625, porte la mention suivante:

" Les habitants de Valhey sont tenus, quand la bannière d'Einville marche en campagne, de faire le guet es portes dudit Einville, en telle manière que par leur défaut il n'en mésadvienne, à peine d'en répondre de leurs personnes; et à cette occasion, les habitants dudit Einville sont tenus les fournir de bois en leur foueresse pour chauffer et cuire en leur four banal pour demi-année et non plus. "


1626, est la date inscrite dans le compte du tabellion et Officier de Bauzemont à Messire Charles de Torneille de toutes les recettes faites dans la seigneurie de Bauzemont.

- Le passage de Harraucourt.
Ledit passage appartient à Monseigneur seul, à cause de sa seigneurie des acquestz.

Audit passage, les villages d'Athienvilie, Arracourt, Raville, Gievrecourt, Xanrey, Réchicourt, Crion, Sionviller et Bonviller, chacun conduit lesdits villages doibvent par chacun an à mondit Seigneur un denier qui s'appel le denier annal, et celuy qui a charge de les aller recevoir, après l'interpellation à eux faites, au refus; peult luy mesme prendre un gage sans recors et le porter au logis du maire du lieu, qui le fait vendre sur le champ sans figure de procès; en récompense duquel denier annal tous les bourgeois desdits villages passans et repassans par ledit Bauzemont et sur le ban ne doibvent aucun passage.

- L'estat de dépouilleur des bestes.

Cet estat est laissé à Bastien Bride, de Parroye, pour six ans, en payant quatre francs pour chacune d'icelles.

- Reliefvement.

Est du tel droit que toutes personnes entrans en successions d'immeubles doibvent à Monseigneur autant de cens pour le reliefvement, que la maison ou héritages sont censables, communément dit: Tel cens, tel reliefvement, à charge de s'en acquitter dans quarante jours après le décès du deffunt autrement, et à faulte de ce, les pièces ainsy chargées de cens seroient confisquées à mondit Seigneur.

- Arracourt.

Le village d'Arracourt lez Vic, assis en Lorraine, Baillage de Nancy.

Le sieur abbé de Sain-Sauveur en Vosges en est Seigneur foncier...

Monseigneur en est haut justicier, moyen et bas, pour la moitié, contre les Seigneurs du Haut chasteau de Parroye, pour l'autre.

Quant il y a quelque délinquant audit Arracourt, soit du lieu ou defforain, l'appréhension s'en fait par les Maires et gens de justice du lieu et sont par eulx conduitz es prisons du hault chasteau audit Parroye, où sont faits les procès par lesdits de justice, qui les font délibérer et donner la sentence criminelle selon leur démérite, pour estre executez au signe patibulaire dudit Parroye, à l'assistance des Officiers de mondit Seigneur et de ceulx dudit haults chasteau de Parroye...

Les habitants audit Arracourt doubvent leurs rentes auxdits Seigneurs haults justiciers, qui commettent un maire tel que bon leur semble, pour rendre compte à un chacun de sa part...

Lesdits habitants doibvent par chacun an, à tous les Seigneurs audit lieu pour:
- Chacun cheval tirant, un sol monnaye de Vic,
- Le cheval oyseux, six deniers
- Le menue beste, un denier...,


1626 est également inscrit sur un écrit de Demenge Barbier, tabellion et Officier à Bauzemont pour le compte de Charles de Torneille Marquis de Gerbéviller sur lequel il est dit:

" Ledit Rioville (Riouville) et gagnage, appartiennent à M de Bonnecourt; pour la moitié et pour l'autre à Monseigneur (Charles de Torneille, Marquis de Gerbéviller).

La seigneurie duquel lieu est enclavé avec le ban et finage en l'Evéché de Metz.

Mondit Seigneur et M. de Bonnecourt en sont seigneurs, hauts justiciers, moyens et bas, ayant création de maire et justice qui se prennent au village d'Arracourt. Le cri de la fête dudit lieu se fait par ladite justice le jour de saint Gergonne.

Proche dudit Rioville il y a un gagnage appelé la petite Rioville dépendant de l'Abbaye de Beaupré, sujet et responsable pardevant ladite justice, tant en demandant comme en défendant.

Toutes amendes, confiscations, trouvés et épaves appartiennent auxdits Seigneurs. Les procès criminels se font par lesdits de Justice après avoir pris avis audit Evéché de Metz, et exécution échéante, lesdits Seigneurs destinent lieu et place ou elle se doit faire. "


1627 est la date de la Création de la croix de Bézange-la-Grande. Cette croix porte au lieu et à la place du Christ en croix, un grand ostensoir. Les fondateurs de cette croix ont voulu évidemment, par cet ostensoir exprimer leur dévotion spéciale au Saint Sacrement.
1627 est également l'année du début de la peste dans les environs de canton d'Arracourt.
Hoéville aura été un des premiers villages de Lorraine à être contaminé. Il est dit dans les comptes du domaine d'Amance, à la date de 1627:

" Les habitants d'Hoéville sont en provision enfers S.A et Messieurs (de la chambre des comptes) pour avoir réduction de leur cotte de l'aide ordinaire Saint-Remy, de l'an de ce compte montant a 195 francs, à cause de la contagion qui les a rendus séquestrés de tous trafics et conversations durant six mois de cette année. "


Août 1631, début de la peste à Athienville. En cette même année ce fléau dura trois mois à Courbesseaux.

1631 fut une année terrible pour la Lorraine, les Français l'envahirent aidés de leurs alliés les Suédois et les Cravattes. De nombreux villages furent rayés de la carte (Rechicourt, Arracourt, Bures, Bathelémont, Bézange, Boncourt, Hoéville).

Ces malheurs continuèrent durant les années suivantes.

1632 est la date inscrite sur les comptes du domaine d'Einvllle et sur les registres de la chambre des comptes sur lesquels il est noté:

" Le dîmage du bois Renard (Athienville) n'a été échu en l'an de ce compte pour n'avoir été chargé d'aucune chose à cause des gens de guerre qui ont séjourné audit lieu "


Sur ces mêmes registres et pour la même année, la mention suivante est portée:

" Et d'autant qu'en l'année dernière les habitants dudit Xures eussent été interpellés au paiement de la sauvegarde par eux due pour ladite année de même que pour la moitié de celle de l'année précédente, ils ne s'en étaient pu acquitter non plus de les y contraindre, à raison des gens de guerre qu'ils eurent au temps du paiement qu'ils en devaient faire. "


A cette époque 52 personnes demeuraient Xures.

Gravure de Tassin (1634): carte de la région d'Arracourt,
sculpture de César Bagard, exposée au Musée Lorrain de Nancy


Il est à noter que Richiecourt inscrit sur la carte ci-dessus n'a rien à voir avec Réchicourt ou Arracourt. Celui-ci était un lieu dit duquel l'on parlera par la suite (voir année 1664).

Ccmme nous l'avons vu précédemment, le trône de France fut pris de l'an 1610 par Louis XIII le Juste, âgé de 8 ans. Désignée, par Henri IV la veille de l'attentat qui lui coûta la vie, Maria de Médicis devint régente du pays jusqu'à la majorité du Roi. Elle dilapida le royaume.

Aidé du Cardinal de Richelieu, Louis XIII, après avoir fait exécuter Concini, allié de la Reine mère, tenta de redresser le pays de France. L'influence du Cardinal grandit graduellement jusqu'au jour où il prit effectivement la tête du gouvernement.

Irrité par Charles IV, Duc de Lorraine, qui fournissait des troupes à l'Empereur d'Allemagne, Louis XIII lança un petit contingent contre les deux places de Vic et de Moyenvic.
Charles IV dut signer un traité accordant au Roi, libre passage à travers ses terres.
Ce dernier fit son entrée à Nancy, le 15 septembre 1633.

En l'an 1633 plus aucune personne ne demeure Athienville et Bures.

Charles IV se décida d'abdiquer à la faveur de son frère Nicolas François le 19 janvier 1634.

 Charles IV, Duc de Lorraine et de Bar


En 1636 l'épidémie redouble sur le Duché de Lorraine.

23 novembre 1637 est la date portée sur le testament par lequel Nicolas Gérardin, prêtre séculier, curé de la Petite-Réchicourt, donne à son église et à ses successeurs tous les acquêts qu'il avait fait audit lieu moyennant une messe haute de requiem tous les vendredis de l'année, et une messe basse, le premier samedi de chaque mois, à l'autel de la Vierge.
En 1637, le village d'Arracourt est désert.
On peut en juger par les extraits suivants des comptes du domaine d'Einville:

" .. le maire étant mort (1637) avec un grand nombre des habitants, le comptable n'en a su avoir déclaration ni compte... Le reste des habitants s'étant retirés à l'Evêché de Metz et ez bois. "


En cette même date et sur le même registre, il est dit pour Athienville:

" . . Le maire et la plupart des habitants étant morts et le reste fugitif, n'a pu être reçu aucune rente, nonobstant les poursuites faites par les sergents du domaine. "


Pour Coincourt:

" Chacun conduit de Coincourt doit, au terme Saint-Martin, un resal d'avoine et une poule..., et pour l'an de ce compte, le peuple ruiné par les soldats, les habitants audit lieu, non plus que des autres villages et gagnages n'ont rien payé. "


Coincourt comme de nombreux villages eut à pâtir des Suédois, soldats protestants qui s'acharnaient à la destruction des établissements religieux. Il fut incendié ainsi que son prieuré.

Mouacourt n'échappa pas à sa destruction, voici ce que dit un écrit à son sujet:

" Les lauriers d'Alexandre et de César, à ce qu'il parait empêchaient les habitants de Mouacourt de dormir. Atteints soudainement d'une fièvre belliqueuse, ils résolurent pour leur malheur, au début de cette déplorable guerre, de jouer un rôle héroïque dont la prospérité doit au moins leur tenir compte.
Aussi bien, leur mésaventure nous apprendra combien il est dangereux pour les petits de se mêler aux querelles des grands, de plus qu'il n'est pas toujours vrai que la vertu trouve en ce monde, sa récompense. Du même coup, nous avons mis en relief une grande vérité et fait mentir un proverbe.
Nos Mouacourtins donc, rapporte la tradition, ayant appris que l'armée Suédoise s'avançait vers la Lorraine, résolurent d'un commun accord, avec les villages voisins, d'aller s'embusquer entre Parroy et Lagarde au lieu qu'à conservé depuis le nom du pont des Allemands.
L'avant garde de l'armée Suédoise s'avançait sans défiance; nos hommes la laissent passer, puis sortant inopinément de leur cachette, tombent sus à l'ennemi à l'improviste. Celui-ci ainsi attaqué par derrière, sans dire gare, moitié surprise, moitié frayeur, se laisse tailler en pièces ou disperser dans toutes les directions.
Après cette belle équipée, voilà nos hommes ragaillardis qui rentrent chacun chez eux, en se frottant les mains, suspendent au clou, lance, rapière, hallebarde ou arquebuse.
Tout n'est pas rose dans la victoire et tout triomphe à son revers. Il parait qu'il en échappa assez à cet honorable guet-apens, pour aller porter la nouvelle de ce qui était arrivé, au gros de l'armée qui, n'étant qu'à une journée de marche, brûla d'envie de réparer l'échec subi par les frères de l'avant garde.
Le lendemain, adieu lampions, l'armée Suédoise, ivre de carnage, ne respirant que vengeance, était aux portes de Mouacourt. Grand fut le désastre et le désenchantement. Les échos affaiblis d'alentour avaient à peine cessé de répéter les chants de victoire que nos farouches Suédois, 1'épée d'une main, une torche enflammée de l'autre, parcouraient le village, incendiant les maisons, violant les femmes et filles, pillant massacrant tout le monde. On raconte ce qui, sans doute est exagéré, que trois personnes seulement parvinrent à se sauver; le délégué du Seigneurs sa femme et sa fille qui s'échappèrent et se réfugièrent à Senones.


Pendant soixante dix ans environ le village resta désert et inhabité...

Le comptable du registre des comptes du domaine d'Einville porta pour l'année 1641:

- Athienville: " N'y a audit lieu ni maire ni justice, chacun laboureur et le reste des sujets dudit Athienville, consistant en quelques huit ou dix pauvres manouvriers, réfugiés à Vic et autres lieux où ils peuvent mieux pour la sûreté ".

A la suite de cette mention est portée l'attestation suivante:

- " Pardevant le tabellion soussigné comparurent... Maire et Officier de la justice d'Athienville et de présent réfugiés à Serres, lesquels ont relaté et affirmé que, depuis l'an 1633, il n'y eu laboureur audit Athienville, et n'y ont fait les habitants depuis ledit temps que bien peu et souventes fois du tout point de résidence assurée, comme ils ne font encore aujourd'hui, les uns s'étant rendus absents de ce pays, les autres morts et cinq ou six restants réfugiés ez villes et autres lieux voisins pour la sûreté de leurs vies, sans pouvoir de nourrir aucun bétail, non pas seulement une poule par le malheur des guerres...
A Serres, cejourd'hui 13° jour de janvier 1642.
Signé Piérat... "


- Arracourt:

" S'étant transporté audit Arracourt le dimanche après la Décollation Saint-Jean, ainsi que du passé l'on avait accoutumé, pour, avec les Seigneurs comparsonniers, recevoir et entendre le compte du Maire et tirer les rentes dues des habitants..., survint une alarme des gens de guerre qui le contraignit, lui et lesdits Seigneurs comparsonniers, laisser et quitter lesdits comptes, et les sujets d'abandonner, de sorte que jusqu'ici il leur a été impossible de se rassembler et sont réfugiés à Vic et autres lieux pour leur sureté. "


En 1642, 7 ou 8 personnes "manouvriers" demeurent ou redemeurent à Athienville, mais aucun bétail n'est recensé.

En cette même année, le village de Bures est toujours vide.
On lit à ce sujet en tête d'un pied-terrier (remembrement des terres):

" Les guerres ayant été si grandes depuis 1633 que la plupart de la Lorraine en auroit été ruinée et beaucoup de villages tirés bas et abandonnés, plusieurs ont perdu les titres de leurs biens, et pour cette même cause, la cure du village de Bures a été délaissée et destituée de curé... "


En 1643, Louis XIV le Grand, âgé de 5 ans succède à son père Louis XIII, sous la régence de sa mère Anne d'Autriche.

Mazarin devenu premier ministre continue la politique de Richelieu.

En 1644, le comptable Piérat, cité précédemment écrit au sujet d'Arracourt:

" A cause des troupes logées aux environs dudit lieu, les sujets se sont retirés, eux et leurs biens, dans les villes voisines ".


En 1646, ce même comptable écrivait au sujet d'Arracourt:

" Ne sont que 15 ou 16 habitants au lieu ce cent qu'ils étaient avant les guerres ".


En cette même date, 9 conduits (habitants) étaient recensés à Athienville.

En 1647, il n'y avait plus que 12 habitants à Parroy et 3 ménages à Coincourt.
Bathelémont était désert et ce jusqu'en 1663.

1648 fut la fin de la guerre de 30 ans.

Arbre généalogique simplifié de la famille Bourcier de Monthureux,
propriétaires du château d'Arracourt

(Nobiliare universel de France, ou recueil général des généalogies)


Arbre généalogique simplifié de la famille Bourcier de Monthureux, propriétaires du chateau d'Arracourt

alexis-augustin-de-bourcier-de-monthureux.png

En 1654, Coincourt n'était plus habité que de trois personnes, Parroy de quatre.

En 1658, il n'y avait plus qu'un homme et une femme à Coincourt.

En 1659, Charles IV revient à la tête du duché de Lorraine.

En 1660, la population revient, 7 ménages sont recensés à Coincourt, 12 habitants à Parroy.

Le ler décembre 1663, la comtesse de Suze, fait ses reprises pour la terre de Valhey laquelle avait appartenu successivement aux familles Porcelets et Torneille.

Le 4 décembre 1663, Gaspard de Mercy fait ses reprises, tant en son nom qu'en celui de la dame de Gatinois, sa mère, pour les seigneuries de Drouville et de Courbesseaux. A cette date la seigneurie de Courbesseaux appartenait à Catherine Jean, veuve de Nicolas Henri, et à Albert, comte des Fours.

Le 17 décembre 1663, François Antoine, au nom d'Albert, comte des Fours, cité ci-dessus, donne ses reversales pour un quart en la seigneurie d'"Attienville", un sixième à Mont et quelques parties à "Ohéville" et Remecourt.

Le 12 janvier 1664, la comtesse de Suze, donne ses reversales au Duc de Lorraine, Charles IV, pour les châteaux, terres et seigneuries de Valhey, Frouard, Ceintrey...

Le 18 novembre 1664, Claude de Salles, veuve du sieur de Ludres de Richardmenil, fait ses reprises pour une maison de fief dite Richacourt ou Richecourt, situé près du village de Parroy.

En 1664, un quart de la seigneurie de Parroy appartient au comte de Créhange, François Ernest.

Le 5 septembre 1667, Henri, comte de Torneille, bailli, gouverneur de Lunéville, donne ses reversales pour les terres et seigneuries de Valhey et ce qu'il possède à Arracourt, Athienville, Raville et Bures.

En 1670, début d'une nouvelle occupation de la Lorraine par la France, les troupes Françaises entrent à Nancy.
Le Duc Charles IV se réfugie en Allemagne.
Charles V lui succède.

Le 6 février 1678, le Duc de Lorraine épouse Eléonore-Marie, fille de Ferdinand III Empereur d'Autriche.

Le 26 mai 1681, Hoéville est érigé en cure.
Le 8 avril 1688, par arrêt du parlement de Metz cette érection est infirmée.

Au mois d'Août 1696, Hoéville est de nouveau érigé en cure et ce au cours de la visite de l'Evêque. Le patronage fut attribué au chapitre de Brixey, uni au séminaire de Toul.

30 octobre 1697, date de la fin de l'occupation du Duché de Lorraine, par les Français.

En 1698, alors que Mouacourt n'est plus qu'un bois, un nouveau souverain venant d'Autriche prend le trône du Duché de Lorraine, le Duc Léopold.
Souverain intelligent, d'esprit pratique a dès son arrivée en Lorraine été accueilli avec enthousiasme par la population.
Il se garda de ressusciter les libérales institutions de l'ancienne Lorraine, en particulier les états généraux.
Il domestiqua la noblesse Pour rétablir les villages détruits ou abandonnés au cours des dernières guerres et une nouvelle fois pillés par les troupes Françaises d'occupation à la veille de la libération du Duché, il fit appel à une immigration étrangère spécialement d'Allemagne.
Ces immigrés furent autorisés à s'emparer des terres inoccupées.
Grâce à la paix et à l'immigration étrangère venue d'Allemagne, du Limousin, d'Auvergne et du Dauphiné, la population du Duché se releva rapidement.
Aux impôts habituels, le Duc Léopold, joignit diverses taxes, comme la marque des fers et celle des cartes à jouer.
Il institua dans chaque commune une caisse de secours pour les indigents.
Ayant trouvé à son avènement un petit nombre de routes, presque toutes impraticables et peu sures, il institua une administration des ponts et chaussées, dont il confia la surintendance au comte Du Hautoy. Ce dernier à l'aide de corvées fournies par les communautés, fit tracer en moins de trois ans, 800 kms de routes larges de 32 pieds et construire 400 ponts.
Chaque village devait entretenir le chemin qui le desservait jusqu'aux points marqués par les bornes, de part et d'autre de l'agglomération.
L'antique chevalerie Lorraine, réduite à une trentaine de familles, perdit ses derniers privilèges.
Il déclara les mains mortables désormais (francs-libre et exempts de tous droits et servitudes de main-morte, ainsi que de toutes taxes).
En 1701, il fit construire à Einville, avec les restes des fortifications de l'ancien château fort, une nouvelle demeure.
Révérend et Bouvier en furent les architectes.
On retourna le lit du Sanon pour établir un parterre, dont le dessin fut confié à Yves des Hours.
Il fut obligé d'habiter Lunéville, car les Français occupaient Nancy.
Il y fit construire en 1703 dans sa nouvelle capitale par Germain Boffrand, neveu de Mansard, et sur le modèle de Versailles, un superbe palais, qui existe toujours.

En 1700, les terres d'Hoéville, d'Hincourt (Athienville) et de Courbesseaux appartiennent à Jean-François Darnollet, chambellan du Duc de Lorraine, Léopold, commandant une des compagnies de ses gardes du corps.
En cette même année, il est dit par la communauté d'Athienville:
" Les habitants ont une partie de leurs terres située sur le ban et le finage de Boncourt sur lequel ont droit de vain pâturage, comme aussi ceux d'Arracourt et de la Grande-Bezange, lequel ban est un ban sans aucune résidence ni demeurance.
La communauté a droit de vain pâturage sur le ban d'Arracourt; pareillement ceux d'Arracourt ont le droit de vain pâturage sur le ban d'Athienville " .

Il en était de même avec Hincourt , Serres et Ranzey.

Le 28 juillet 1701, six étrangers s'étant baraqués à Mouacourt, un arrêt du Duc de Lorraine, confirme leur établissement en ces termes:

" Léopold, etc... Vu en notre conseil, la requête à nous présentée par Charles Humbert, Louis Marchal, François François, Georges Ragot, Joseph Barry et Jean de Brandeville, nouvellement établis sur le ban et le finage de Mouacourt, village désert, de la prévoté d'Einville, tendant à ce que, sous le mérite de leurs offres de payer les droits seigneuriaux à qu'il appartiendra, et de bâtir des maisons dans la suite, il nous plaise ordonner qu'ils jouiront paisiblement des terres qu'ils y ont défrichées, avec défense à toutes personnes de les y troubler, et, en outre, de leur accorder la franchise et exemption de toutes tailles et impositions, tant ordinaires qu'extraordinaires, pendant douze années et de leur faire délivrer, par le gruyer d'Einville, les bois nécessaires, dans les forêts voisines, pour le bâtiment de leurs maisons...
Nous Léopold, Duc de Lorraine, confirmons le nouvel établissement fait par lesdits Charles Humbert, ..., dans le ban et finage de Mouacourt à charge et condition qu'ils seront obligés de bâtir des maisons solides dans ledit lieu, et au même endroit où le village a autrefois été bâti, et de commencer les dites maisons solides dans un an, au plus tard, à l'effet de quoi, nous leur avons permis et à tous autres qui voudront aussi s'y établir, de prendre chacun un arpent de terre, tant pour y bâtir leurs maisons que pour le jardin, enclos et dépendances, en payant aux propriétaires des dites terres, soixante francs pour le prix de chaque arpent, leur accordons, de même qu'à tous autres qui s'y établiront et construiront des maisons solides, la franchise et exemption de toutes tailles, subsides, etc... "


Le sieur Pelletier, avocat à Mirecourt, fut nommé commissaire pour fixer l'emplacement des maisons, désigner les avenues du village, les chemins et les séparations des maisons.

Le 10 juillet 1702, Marie-Nicole Fournier, fait ses foi et hommage pour un fief situé à Courbesseaux.

C'est en décembre 1702 que débuta la construction du château de Lunéville.

A la date du 21 janvier 1703, les terres du cens d'Hincourt (Athienville) appartenaient à Jacques, Pascal, Louise Viriet, enfants mineurs de Jacques Viriet.

Le 3 avril 1703, des actes de foi et hommage de la seigneurie d'Arracourt sont donnés par François Lançon, conseiller à la cour souveraine.

Le 12 juillet 1704, des actes de foi et hommage sont donnés par Jean-François d'Arnollet, chevalier, seigneur d'Athienville, chambellan du Duc Léopold et commandant une de ses compagnies des gardes du corps, au ban de Boncourt, d'Arracourt, Bures, etc...,
En cette même année, il est propriétaire des terres d'Hoéville, Hincourt et Courbesseaux.

En 1704 également, la commune de Xures, par acte reconnaît n'avoir aucun droit de grasse pâture dans le bois du prieuré.

A la date du 17 novembre 1707, un acte de foi et hommage de la seigneurie d'Arracourt et donné par Charles Gillet, Ecuyer.

Le 7 mars 1708, le Duc de Lorraine, vend à Paul Protin, son conseiller d'état, un quart ez haute, moyenne et basse justice d'Athienville et les droits de sauvegarde sur les habitants audit lieu.

Le 3 mai 1708, le Duc Léopold vend au sieur François Lançon conseiller à la cour souveraine ce qu'il a en la seigneurie d'Arracourt à l'exception du droit de sauvegarde, dû au château d'Einville, que le Duc se réserve.

Le " dernier " mai 1708, Christophe de Circourt, capitaine au régiment des gardes du Duc de Lorraine, au nom et comme fondé de pouvoir d'Albert-Maximilien-Antoine, comte des Fours, déclare tenir en fief un sixième en la seigneurie de Mont et un quart en celle d'Athienville.

En 1708, se trouvaient à Arracourt:
- 39 agriculteurs,
- 72 vignerons,
- 58 valets.

En 1710, on comptait 20 habitants à Mouacourt. Malgré ce petit nombre d'habitants et le manque presque absolu de ressources, le zèle et la piété aidant, la petite communauté parvint à construire une église, toute exiguë au bout du village, aux abords de la rivière du Sanon.
Mouacourt était en cette année de la prévôté d'Einville, bailliage de Nancy.

En 1710, comme nous pouvons le constater à la lecture du papier terrier général de Juvrecourt, ci-après, la Lorraine est de nouveau sous la tutelle de la France, gouvernée par Louis XIV.
A cette date, les rues de Juvrecourt se nommaient:
- la rue du charnier,
- la rue du milieu du village,
- la grande rue,
- la rue de la tour,
- la ruelle du frêne.

Y demeuraient:

DECRION Nicolas (Maire)
DECRION Noel
DUCLOS Pierre (Seigneur de Juvrecourt)
CESAR Georges (Greffier de Justice)
DEMANGEOT François (Laboureur)
DEMANGEOT Didier
BEULARD Gaspard (Maçon)
HUSSON Jean (Maréchal ferrant)
ANDRE Nicolas
BARBELIN Demenge
BARBELIN Françoise
BARBIER Joseph
DALMAGNE Louis
GERARDIN Joseph
MESSIER Jean-Claude
NOUAILLAT Martin
PETITCOLAS Gergonne
PETITCOLAS Nicolas

Demeuraient à Arracourt:

TERDIEU Dominique (Maire)
SOIRSON Jacques (Echevin)
VOGIN Didier
LEROI Demange
DENIS Nicolas
DEMOYEN Jean-Jacques
BLANQUART (Veuve)
PICARD Nicolas (Riouville)

Demeuraient à Réchicourt:

DENY Joseph (Maire)
DE LA GRANGE Jacques (Ancien Maire)
COLLIN Nicolas
GRAMANT (Veuve)
MANGIN Jean
MORCEL Joseph
MORCEL Toussaint

Demeurait à Bures:


MORCEL Claude.

Juvrecourt, Papier Terrier Général, (Inventaire des terres), 1712 (fac similé):

Juvrecourt, Papier Terrier Général, (Inventaire des terres), 1712 (fac similé)

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site