La République

1792 devient l'An de la République

Durant la nuit du 24 au 25 avril 1792, le Capitaine du Génie Claude Joseph Rouget de l'Isle, en garnison à Strasbourg, présente un texte écrit par lui, chez le maire Dietrich.
Selon certaines sources, il accompagnait au clavecin le maire Dietrich, bon ténor, qui chantait lui-même:

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !

Refrain :

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !

Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage !
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !

Refrain

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

Refrain

Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

Refrain

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

Refrain

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Refrain

Ce texte, initialement intitulé "Hymne de guerre dédié au maréchal Bavarois de Luckner" (qui commande l'armée du Rhin), avait été écrit suite à la déclaration de guerre de l'Autriche le 20 avril 1792. Mais ce sont les troupes des Fédérés marseillais qui, l'ayant adopté comme chant de marche, l'entonnent pour la première fois devant une foule, lors de leur entrée triomphale, aux Tuileries, à Paris, le 30 juillet 1792. Immédiatement, les parisiens, sans se préoccuper de ses différents noms, baptisent ce chant : La Marseillaise.
Un septième couplet (dit "des enfants") sera ajouté quelques jours plus tard (mais pas par Rouget de l'Isle), couplet qui sera maintes fois remanié au cours des siècles pour des raisons purement politiques.

Rouget de l'Isle chantantl La Marseillaise chez Dietrich (peinture de Pills, 1849) Une des premières partitions de La Marseilaise

Au cours des mois d'août et septembre 1792, la Lorraine est envahie par les armées prussiennes et autrichiennes.

Copie de la première page du registre des naissances de la commune de Serres, établi le 13 décembre 1792, "An I de la République".
Sur cette page, pratiquement effacée, est inscrite une naissance à la date du 17 janvier 1793.

Registre des naissances de Serres, 1793

Copie de la quatrième page du même registre (toujours aussi illisible: cliquez sur l'image pour voir un fac-similé), à la date du 8 frimaire an 2; remarquez les erreurs d'orthographe et de grammaire dans cet acte officiel: les "officiers publics" de l'époque ne brillaient pas non plus par leur niveau scolaire Acte de naissance

Table des décès de l'année 1793 du registre de la commune de Serres.

On y remarquera des noms de familles se trouvant encore sur le canton d'Arracourt: Jespérier, L'Homel, Lhuillier, Marchand, Mathias, Regnier, Tardieu, Thiesselin, Goury; des noms qui pour certains apparaissaient déjà 80 ans plus tôt ici (cf. papier terrier général de Juvrecourt); on y remarquera aussi le nom de Stofflet qui revient. Table alphabétique des décès à Serres pour 1793

Et voici la copie d'une page du registre des décès, toujours de la commune de Serres, relatant celui d'un jeune enfant du village (Jean Baptiste Vaimbois), à la date du 26 prairial An II: Acte de décès

Le tribunal révolutionnaire du département de la Meurthe n'a condamné qu'une seule personne à la peine capitale. Voici l'affiche annonçant le jugement:
Jugement

1793 fût l'année de la mort du Roi Louis XVI.
En voici le déroulement.

Le 15 janvier, la Convention mit au vote la question de la culpabilité Royale.
Par 707 oui et quelques abstentions, Louis XVI fut reconnu coupable de conspiration contre la sûreté de l'Etat.
La question de la peine fut posée le lendemain soir.
Le vote devait se faire nominativement et à voix haute à la tribune, chaque député pouvant expliquer en quelques mots sa décision.
L'interminable défilé des votants dura toute la nuit, puis toute la journée suivante.
Les élus de Paris se prononcèrent presque tous pour la mort immédiate.
Finalement sur 721 bulletins, on compta 387 voix pour la mort dont 361 pour l'exécution immédiate. Les chiffres étaient-ils exacts?
Pendant des heures les discutions reprirent. Enfin, après un nouveau vote, un sursis fut repoussé par 383 voix contre 310.
Le scrutin avait duré près de 36 heures.
Le 20 janvier, le Roi reçu la nouvelle avec fermeté par le Ministre Garat.
Après des adieux pathétiques à sa famille, il entendit la messe puis accompagné de son confesseur, l'abbé Edgeworth, il fut conduit dans la matinée du 21 janvier, du temple à l'ex-place Louis XV, où était dressé l'échafaud.

A 10 heures 10, l'aide du bourreau Sanson, présentait au peuple la tête du Roi guillotiné. Joseph Ducreux: Portrait de Louis XVI (1754-93) Roi France, au Temple

L'exécution du 21 janvier eut de graves conséquences sur le plan international. Une coalition se noua contre la France, comprenant l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne, la plupart des pays Italiens, les membres de l'Empire Allemand.
Mais son entrée en guerre vint plus de l'invasion de la Belgique par les armées Françaises et de leurs menaces sur la Hollande que de la mort de Louis XVI. Déjà le 15 décembre, la Convention avait annoncé la mise en tutelle des pays conquis.
Danton et Carnot avaient insisté sur la nécessité des frontières naturelles. Prenant les devants, l'Assemblée déclara la guerre à l'Angleterre, à la Hollande puis à l'Espagne.
D'autres difficultés accablaient le pays:
- l'aggravation de l'inflation,
- la pénurie de vivres.

La mauvaise circulation des grains occasionnait des émeutes en Beauce, dans la Sarthe, à Blois, à Tours.
A Paris comme en province, la fièvre grandissait.
Le 25 février, à l'instigation de Marat, les foules pillèrent les magasins d'alimentation.
Le péril extérieur, comme l'inflation et les menaces de la disette, accroissait l'effervescence. Dans les milieux populaires, on cherchait des boucs émissaires. Il fallait dénoncer les conspirateurs et les traîtres.

L'Assemblée décida de créer un tribunal d'exception qui jugerait les attentats commis contre : "La liberté, l'égalité, l'unité et l'indivisibilité de la République" et tous les crimes contre la sûreté de l'Etat.

A la même époque, la Convention envoya dans les Départements des représentants en mission, chargés d'enquêter sur la situation dans les différentes provinces, de rétablir l'ordre et de galvaniser les énergies.

Le jour même où était créé le Tribunal Révolutionnaire, une terrible guerre civile éclatait à l'Ouest. La Vendée se levait. Le mouvement commença à Saint-Florent-le-Vieil et gagna toute la région, puis le Poitou, l'Anjou ainsi que la Bretagne.

Les chefs de l'armée catholique et royale furent: Charette, D'Elbée, La Rochejaquelein, Stofflet, Cathelineau...
De part et d'autre, la lutte fut sauvage.

Pour calmer l'agitation et surtout rallier l'opinion publique dans les provinces, l'Assemblée qui depuis bien des semaines élaborait lentement une constitution nouvelle, décida de hâter la conclusion des travaux.
La Constitution dite de l'An I fut votée le 24 Juin 1793.

Œuvre de circonstance, beaucoup plus démocratique que celle de 1791, elle comprenait elle aussi une déclaration des droits, où l'accent était mis sur l'égalité des citoyens (qui passait ainsi avant la liberté et qui faisait de la révolte à l'oppression le plus sacré des devoirs).

Selon la Constitution :
Le pouvoir législatif appartenait à une chambre unique, élue pour un an au suffrage universel.
Le pouvoir exécutif était confié à un conseil de vingt-quatre membres, choisis pour deux ans par l'Assemblée.

Un appel au peuple était prévu pour les décisions importantes en particulier en matière de finance et de guerre.

En cette époque de crise, la France avait besoin d'un gouvernement fort. Le Comité de Salut Public, jugé trop mou fut remanié. On le divisa en six sections:
- Guerre,
- Correspondance,
- Intérieur,
- Marine,
- Affaires étrangères,
- Pétitions.


Le 10 juillet la Convention décida de renouveler le Comité.
Danton, devenu quelque peu suspect aux plus purs révolutionnaires pour avoir tenté de négocier avec la coalition ne fut pas réélu. Gasparin, malade donna sa démission. Il fut remplacé par Robespierre le 27 Juillet.

Le 14 juillet 1795 (An II) par décret, la Marseillaise devient hymne national, Etienne Méhul, chargé d'arranger pour plusieurs voix la musique y introduit des changements qui ont subsisté.

Le 13 vendémiaire (5 octobre 1795) arrivée sur le plan politique de Bonaparte, qui pour arrêter 20000 sectionnaires qui voulaient enlever les Tuileries fit canonner le quai Voltaire et la rue St-Honoré.

La Convention était sauvée.

Le 3 brumaire an III (25 octobre 1795) la Convention ordonne l'établissement d'une école dans chaque canton.

Le 26 octobre 1795, la Convention tient sa dernière séance. Elle laisse sa place au Directoire.

En février 1796 (An III), Nicolas Stofflet, né à Bathelémont, devenu Général Vendéen, est fusillé. Une pyramide est élevée à sa mémoire dans la cour du château de Maulevrier. Obelisque à la mémoire de Stofflet

Assez réfractaire à la révolution, Arracourt a au début du XIXème siècle, comme maire, le Comte Bourcier de Monthureux.
Comme représentant ecclésiastique, l'abbé Berga.

Acte de partage de biens immeubles, citant des personnes de Coincourt en date du 21 prairial An IX (1801): Acte de partage

Février 1801, signature de la "paix de Lunéville".
Concordat et pacification religieuse, rétablissement des évêchés de Metz et de Nancy.

En 1802, Mouacourt était composé de 241 habitants répartis en 58 feux.
Arracourt était lui composé de 844 habitants.

En cette même année, Arracourt, Parroy, Serres, Athienville, Xures, Bézange, Juvrecourt, Coincourt et Courbesseaux, deviennent des succursales.
Réchicourt devient annexe de Bézange-la-Petite, Bures de Coincourt et Mouacourt de Parroy.
Le 18 mai 1804, les deux consuls, Cambaceres et Lebrun présentent à Napoléon Bonaparte le texte du Senatus Consul, le proclamant Empereur des Français.
Ce dernier n'avait pas d'hymne national. Mais il désirait qu'un animal héraldique représente le nouvel empire. Ecartant en Conseil d'Etat le coq, l'éléphant et même le lion, Napoléon choisit finalement l'aigle déployé, ancien insigne des légions romaines.
Aigle Impérial Napoléonnien

Comme en 1758, Courbesseaux est annexé à Réméréville en 1807.
En cette même année, Xanrey est annexé à Juvrecourt.

Le 3 juillet 1811, par décret, Vaucourt qui dépendait de Xousses est annexé à Xures.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site