1914

30 juillet


Mobilisation partielle.
Les ordres d'appels individuels sont apportés à Arracourt par un sous-officier de Gendarmerie, venu spécialement de Nancy en automobile. La distribution de ces pièces est faite immédiatement avec la plus grande célérité par es agents des postes.
Cinq uhlans, en tenue de campagne arrivent au galop à l'entrée Est d'Arracourt. Arrêtant à 50 mètres de la barrière de
la douane leurs chevaux dont les sabots sont garnis de semelles en caoutchouc, dans un Français correct, ils provoquent et insultent
les douaniers qui leur barrent simplement la route. La mission de ces derniers se bornant à riposter en cas d'attaque.


31 juillet


La mobilisation générale est ordonnée dans notre zone frontière à tous les hommes astreins au service militaire.
La séparation est ce qu’elle avait été deux ans plus tôt: douloureuse à coup sûr, car elle est imprévue, mais si ardente sont la foi et le patriotisme chez tous, que pas un homme n'hésite devant l'accomplissement de son devoir, que les épouses et les mères sont sublimes dans leur attitude et leurs conseils, que les enfants eux-mêmes retiennent leurs larmes, en recevant de leur père peut-être le suprême baiser.
Personne n'était préparé, néanmoins chacun répond présent.
La brigade des douaniers est renforcée.
La garde du pont, à l'entrée du village, sur la route de Moyenvic est confiée à des réservistes du 4ème Chasseur à Pieds, mobilisés d'Arracourt et des localités voisines, équipés de cartouches soutenues par des ficelles.
Des patrouilles de cavalerie sillonnent le village et les champs.
Chacun est dans l'attente de graves événements ! On dit bien que l'irréparable n'est pas encore fait, que la mobilisation générale n'est pas la déclaration de guerre.


Samedi ler août


Deux "taubes" (aéronefs) venant de la direction de Dieuze se dirigent vers Lunéville.
Monsieur Logette, receveur des postes à Arracourt, prévient immédiatement par téléphone le Commandant d'armes de Lunéville, le Commandant du fort de Manonviler et le quartier général du 20ème corps à Nancy.


Dimanche 2 août


L'espérance est grande, une dépêche en apparence rassurante arrive, toute la population la reçoit comme une annonce de paix.


Lundi 3 août


A 16 heures 45, stupeur, la guerre est déclarée.
Les troupes de couverture occupent leurs positions respectives, c'est à dire en formant une ligne "Serres, Parroy, Emberménil" à environ 6 km en deçà de la frontière.
Le 2ème bataillon de chasseurs à pied relève la garde de la douane d'Arracourt insuffisante. Si proche de l'ennemi, les habitants sont nerveux, craignant pour leur personne, pour leur bétail et leurs biens.
L'autorité militaire fait placarder des affiches priant les propriétaires, de conduire à Saint-Nicolas-de-Port, ce qui peut servir de ravitaillement de l'armée, mais à leurs risques et périls.
Il ne s'agissait que de bêtes à cornes et il ne fallait que des animaux de choix. De plus elle ne supposait pas que ces propriétaires, en très grand nombre étaient mobilisés.
Chassés sur 25 kilomètres par de jeunes enfants, des bestiaux périrent ou se perdirent en route. Plusieurs de ces jeunes bouviers improvisés ne purent acheter aucune nourriture dans les villages traversés, ni même à Saint-Nicolas et durent coucher à la belle étoile.
Malgré ses transes et ses inquiétudes, la population ne reste pas inactive, et tandis que les personnes dispensées des travaux agricoles aménagent des ambulances à l'école des filles, chez Monsieur le Comte de Montureux, chez Monsieur Briot, les autres vont à la moisson.
On se groupe derrière les moissonneuses, les femmes prennent la place de leurs maris, maniant la faux avec une mâle énergie.


Mardi 4 août


Toute la région est sillonnée par les troupes de cavalerie allemandes.
Aidé de ses facteurs, du garde champêtre et de l’appariteur, Monsieur Logette, dresse des barricades à la sortie d’Arracourt.


Mercredi 5 août


Les facteurs distribuent les correspondances en tenue d'ouvrier de culture.


Jeudi 6 août


L'armée allemande effectue des réquisitions à Réchicourt.
La cabine téléphonique est rendue inutilisable.
De paisibles citoyens sont tués chez eux, d'autres sont emmenés comme otages.
Le premier sang Français, versé sur le territoire d’Arracourt à lieu au lieu dit " En Bezanzange " par des projectiles Français.


Samedi 8 août


Monsieur le Percepteur d’Arracourt se replie sur la recette des finances de Lunéville.
La Brigade de Gendarmerie dont les chevaux sont sellés depuis deux jours se retire vers nos troupes pour ne pas être à la merci d'un coup de main.


Dimanche 9 août


Le Capitaine des Douanes qui commande le détachement de surveillance de la route d’Arracourt à Moyenvic, demande du renfort qui lui est refusé. Ses hommes sont complètement découragés.


Lundi 10 août


Quelques Allemands sont faits prisonniers.


Mardi 11 août


La viande et le pain manquent.
Il est impossible de se rendre à Lunéville pour se ravitailler sans un ordre écrit du Commandement.
Les chevaux tués, sont mangés.


Mercredi 12 août


Monsieur Logette et sa fille sont félicités par le Commandant du 2ème bataillon de Chasseurs à pied et un Capitaine d’état-major, pour le courage et l'énergie qu'ils ont fait face au danger.

Jeudi 13 août


Un régiment de Dragons fournit des avant-postes aux abords immédiats d’Arracourt. La population est soulagée.
Le 40ème d'Infanterie, en garnison à Nimes, remplaçant le 2ème Bataillon se fait remarquer par son fantasque.
Un factionnaire prend les chevaux de Monsieur le docteur Louis pour des Uhlans et les fusille sans pitié.
Il est admiré par ses camarades et loué par ses chefs, qui, pour calmer le propriétaire lui donnent des bons pour chevaux perdus.


Vendredi 14 août


Début de l'offensive déclenchée par la 11ème division de Nancy et la 39ème division de Toul.
A 7 heures du matin, le 156ème d'Infanterie descend le village aussi fier, aussi joyeux que s'il allait à la revue.
"Ce soir, disent quelques-uns, on vous apportera de la choucroute et de la vürst (saucisse allemande)".
Avides de combattre, nos fantassins se dirigent vers la côte Saint-Piant (Piamont) sans attendre l'artillerie !
En même temps, la division de Nancy passe à gauche d’Arracourt, se dirige par la ferme de Vaudrecourt vers la Basse Riouville et à droite de la Haute Riouville au-dessus de la Presle.
Il est à peu près 10 heures lorsque sont tirés les premiers coups de canon. Une batterie du 60ème est placée sur le chemin du haut de la forêt, à gauche et à quelques mètres du château de Monsieur Briot. .
Des mansardes du château, avec une lunette d'approche, sont visibles toutes les crêtes, depuis le chemin du haut des ruelles jusqu'au bois St-Piant se couvrir de soldats.
L'infanterie et l'artillerie s'avancent à travers les avoines.
La cavalerie est en réserve au revers de la côte qui domine la Presle.
La résistance des Allemands est très faible. Cette dernière est plus sensible près du moulin de Juvrecourt où le 26ème d'infanterie est éprouvé par les obus ennemis et à gauche du village de Juvrecourt où notre artillerie est atteinte.
Vers 14 heures, avec deux déserteurs Allemands, arrivent à Arracourt les premiers blessés, presque tous sont touchés par des balles. Tous sont ruisselants de sueurs, la plupart souillés de sang, mais conservent leur crâne allure et leur gaieté de Français.
Un des premiers venus est réserviste. Il a reçu au coude une balle qui est à demi sortie. Loin de gémir et de songer à sa souffrance, il manifeste sa joie, parce qu'il s'était venge et gu’avec son sac, il rapporte comme souvenir à ses enfants le sac d’un prussien.
Un second n'a qu'un regret: celui de n'avoir pu combattre.
Un autre, un jeune engagé volontaire de Rouen, arrive sans chemise!... Je l’ai enlevée, dit-il parce qu'elle était pleine de sang. La balle m'a éraflé le côté, ma blessure n'est pas grave, soignez les autres, j'ai le temps d'attendre.
Par contre plusieurs sont fortement touchés. Un homme du 37ème, d'une balle a quatre blessures. Entrée à la naissance du nez et sortie sous la mâchoire, elle a encore traversée l'épaule.
Le plus typique est un caporal Parisien, à peine âgé de 19 ans. Des éclats d’obus lui ont percé le menton, scalpé la tête et fait une blessure au bras. Il ne cesse de plaisanter pendant qu'on le pense, et lorsque le Major lui coupe les cheveux afin de pouvoir le suturer, il lui dit: "Eh bien Major, quand vous aurez fini les cheveux, vous ferez la barbe" . Mais dans soirée quand les souffrances deviennent atroces, dans une crise de désespoir, il se met à crier: "Achevez-moi, je souffre de trop, je ne trouve plus de bonne place dans mon brancard". Puis appuyant sa tête sur le bras de l'Abbé Demoyen, à qui nous devons ce résumé, il lui dit, après avoir sommeillé dix minutes: "Oh qu'il fait bon, c'est comme cela que ma mère me tiendrait si j'étais auprès d’elle".
La plupart de ces hommes ou de ces enfants ne se possèdent plus. Ils appellent au secours et presque toujours les infirmiers sont impuissants. Il faut dire pourtant, réserve faite pour les vêtements de rechange, chemises et pantalon, qui font complètement défaut, le service médical et le service d'évacuation sont parfaits.
500 blessés environ sont soignés dans les ambulances d'Arracourt. A peine 20 y décèdent.


Samedi 15 août


La bataille continue, notre armée s'avance sur la Seille en direction de Dieuze. Le faible rideau de troupes Allemandes qui couvre la frontière se retire sur Morhange, où se trouve prêt au combat le gros de leurs forces.
A Arracourt, les morts sont enterrés. Deux tombes communes sont ouvertes où reposent sans cercueil, un Allemand, quatre cyclistes, vingt fantassins et quelques artilleurs.
Quatre de ces derniers sont horriblement meurtris par un caisson Français qui a éclaté au Haut-des-Monts.


Dimanche 16 août


Très peu de troupes restent à Arracourt. Par contre, vers 16 heures, par une pluie battante, les voitures de ravitaillement passent nombreuses en direction de la frontière. Les conducteurs demandent le chemin de Ley.


Lundi 17 août


Les derniers soldats, des brancardiers quittent Arracourt.
Ils passent la frontière près de Juvrecourt en chantant la Marseillaise.
Un aumônier divisionnaire, Monseigneur Ruch du 20ème Corps, partageant l'enthousiasme déclare: "Nous marchons de l'avant et d'ici peu vous aurez toute votre liberté d'action".
Des lignes téléphoniques sont établies d’Arracourt à Vic et Moyenvic.


Mardi 18 août


Les troupes Françaises sont au-delà de la vallée de la Seille.
Par Téléphone des communications sont établies entre Arracourt, Dieuze et Château-Salins.
Le canon tonne dans le lointain.
Le passage d'une centaine de prisonniers Allemands, conduits par un détachement du 26ème d'Infanterie laisse la population pleine d'espoir.

L'Empereur Guillaume II constate sa première défaite depuis le plateau d'Amance


Mercredi 19 août


Arrivée à Arracourt des télégraphes d'armée, d'un poste de T.S.F et d'une escadrille d'avions.


Jeudi 20 août


Un parc d'aviation est installé près de Vaudrecourt.
Une antenne pour la télégraphie sans fil se dresse aux "Trappes".
Dans une instruction donnée à 11 heures 45 à son P.C d'Arracourt, le Général de Castelnau prescrit un vaste mouvement de retraite, le 16ème Corps en direction de Lunéville, le 15ème sur Dombasle et le 20ème sur Saint-Nicolas-Laneuveville.
Ce dernier déjeune avec son état-major chez Mr le Curé, le Chanoine Lacour.
A 16 heures, il prescrit à la 11ème Armée de se replier, couverte par des arrière-gardes établies sur la ligne générale Maizières, Marimont, Donnelay, Juvelyse, Marsal, Hampont, Fresnes-en-Saulnoy.
Le 37ème qui avait reçu à 12 heures 30 l'ordre de repli, commence son mouvement à 16 heures. Il arrive à Arracourt à 23 heures, couvert par le 1er Bataillon installé à la lisière nord de la forêt de Bézange. Le 160ème se trouve à Bézange.


Vendredi 21 août


Arracourt: à 11 heures 30, des patrouilles Allemandes sont signalées à 500 mètres du village
Une centaine de personnes, inquiètes, quittent le village pour ne pas voir l'ennemi.
Vers 17 heures, quelques Hussards sont encore en vedette devant l'auberge Poirel.
Des galops de cavaliers Allemands qui viennent du Haut-des Monts sont entendus, lorsque deux chevaux légers entrent au village et le traversent au grand trot.
Une vingtaine les suit à cent mètres.
Ils explorent le chemin du Haut de la Croix, de Vaudrecourt, montent par les routes de Lunéville et de Moncel.
Il est impossible de décrire la consternation et l'effroi de la population. Chacun se terre chez soi, chacun cherche près du voisin un abri où il se croit plus en sûreté.
Un Officier Allemand donne l'ordre d'ouvrir toutes les portes et toutes les granges, prend comme otages et les enferme dans la sacristie où ils passèrent la nuit: Monsieur Auguste Maire, maire d'Arracourt et Monsieur le curé, le Chanoine Lacour.
A 20 heures, l'infanterie Allemande arrive à son tour. Un régiment poursuit sa route vers Athienville, le reste fait halte.
Quel tumulte, quels cris! Heureux sont ceux qui n'assistent pas à ce spectacle, qui n'entendent pas ces Officiers Allemands hurler de toutes leurs forces "Das gewehr ab, kompagnie halt !"
Heureux sont ceux qui ne voient pas ces hordes barbares profaner sous leurs lourdes bottes les premières parcelles du sol Français.
Néanmoins, parce qu'il ne reste aucun soldat Français, aucun coup de feu n'est tiré. Aucun pillage, aucune violence n'est à déplorer.


Dimanche 23 août


Les troupes Allemandes stationnent à Arracourt.
La boulangerie Jacquot est dévalisée, la population n'a plus de pain.
Un aumônier Bavarois s'installe dans notre église, nos orgues se mêlent aux voix de nos ennemis.
Une vingtaine de prisonniers civils, encadrés par des soldats traversent Arracourt.


Lundi 24 août


La grande invasion: dès 3 heures du matin un bataillon de chasseurs Bavarois, coiffés d'un haut shako que surmonte une cocarde bleue et blanche passe la frontière.
Il précède un défilé qui durera quarante heures.
Ces soldats montent le village en chantant à deux voix le Salut de l'Empereur. Leur chant est si grave et le rythme si parfait que l'on se demande si ce n'est pas une prière.
Ils n'ont ni la légèreté ni la grâce de nos Pioupious, mais ils marchent avec une telle discipline et si parfaitement équipés qu'ils donnent l'impression d'une invincible puissance.
Pendant toute la journée, la vague Allemande avance:
- deux ou trois régiments d'infanterie portant le casque à pique recouvert un manchon;
- un régiment d'artillerie dont les attelages harnachés à neuf feraient envie à plus d'un gros propriétaire de France,
- un régiment de cavalerie,
- des pionniers,
- des soldats du train,
- des cuisines roulantes et des fours ambulants,
et la même théorie se renouvelle sans cesse.
La chaleur est torride, les habitants d'Arracourt sont obligés de faire la haie sur le bord de la route et de distribuer de l'eau fraîche aux envahisseurs. Le nuit n'interrompt pas leur marche qui se poursuit jusqu'au mardi 25 à 11 heures du soir.


Mardi 25 août


Courbesseaux et ses abords est le théâtre de sanglants combats. La bataille pour Nancy dite "Bataille du Grand couronné", vient de débuter.

Les unités en présence le 25 août


Mercredi 26 août


La bataille fait rage à Serres; les lits d’Arracourt sont réquisitionnés par l’armée allemande pour transporter les officiers blessés.
Elle effectue sa première mobilisation de voitures, de chevaux, de jeunes gens et d'hommes: Mrs Chaudre, Soudieux, Louis, E. Attenon, Poirson, Richard, Robert Gougelin, Adrien Simonin, Paul Nicolas, René Demoyen, etc.
A partir de cette date, Arracourt, où se trouvent les réservistes de 1’armée allemande est dévalisé. Caves et maisons sont vidées. Les provisions de bois alimentent les braseros ennemis.


Samedi 22 août


Le passage de l'armée Bavaroise continue vers Einville.

Vendredi 28 août


Nouvelle réquisition des jeunes d’Arracourt. L'un d'eux âgé de 13 ans faisant office de conducteur de fourragère, transporte 40 cadavres à Dieuze. Quittant Arracourt à 19 heures 30, il arrive à destination le lendemain matin à 1 heure 30. Sur place il transporte des blessés Français pris à Lunéville.


Samedi 29 août


Un autre gamin d'Arracourt est réquisitionné. Il quitte son village à 10 heures 30 pour y revenir, après être allé à Château-Salins à 23 heures.
Pour la défense de Nancy, Hoéville est l'objet de sanglants combats.
L'église de Serres qui avait été rebâtie en 1739, bombardée est détruite.

Affiche collée sur les murs de Lunéville le 29 août

Vendredi 4 septembre


Arrivée, vers midin de quatre grosses pièces allemandes devant la chapelle d'Arracourt. Chaussées de patins, elles sont trainées à gauche de la gendarmerie, puis au liu-dit La Baraque du Cantonnier. De ces pièces, monstres d'acier, commença le soir-même une canonade qui dura jusqu'au 11 septembre.

Lundi 7 septembre


Arrivée à Arracourt de 150 prisonniers français, capturés près de Serres. Avant de suivre un autre contingent moins fort, ces malheureux passent la nuit dans l'église.

Mardi 8 et mercredi 9 septembre


Arrivée à Arracourt de centaines de blessés allemands, à pied ou en voitures.
Quatre françias seulement sont aperçus dont l'un décède au château de Monthureux.
Les villages de Serres et de Hoéville brûlent, alors qu'un violent orage éclate.

Jeudi 10 septembre


Etonnement des habitants d'Arracourt qui assistent à un chassé-croisé de canons, de troupes et de voitures, dans lesquelles ils remarquent avec surprise des civils. Mr le curé de Bures, le maire et plusieurs notables de Valhey: les premiers otages.

Vendredi 11 septembre


Treize habitants d'Arracourt sont rassemblés par les gendarmes allemands à la maison Gauzelon:
- Mr Lacour, chanoine,
- Mr Adry, juge de paix,
- Mr Auguste Maire, maire,
- Mr Gauçon, greffier,
- Mr Jespérier, instituteur,
Mrs Edmond Simonin, Saturnin Smonin, Gogelin, Eve, Pernet, Pastel, Jacquot.

Lignes de front en 1914

Samedi 12 septembre


Alors que la canonade était déjà moins intense, elle cesse totalement.
Depuis l'aube, de nombreux régiments bavarois retournent vers Dieuze et Château-Salins.
A 14 heure, c'est la débâcle, sur toutes les routes, dans tous les champs, les soldats allemands se pressent, cherchant un passage pour fuir.
La population assiste avec joie à leur retraite.
Avec eux ils emmènent la famille Picard dont la jeune femme enceinte donnera le jour à son premier enfant à Ulm où il décèdera.
Avec cette famille, comme otage est pris Mr Jules Simonin, qui sera libéré grace au maire d'Arracourt.

Dimanche 13 septembre


L'évacuation commencée le 10 septembre se termine dans la nuit du 13 au 14.

Lundi 14 septembre


A 14 heure,  première apparition d'une patrouille du 1er Régiment de Hussards français. Celle-ci se heurte à un groupe de Chevaux Légers qui occupe la Haute-Riouville.
Un soldat français est tué, un second est grièvement blessé, un troisième fait prisonnier.
Ce dernier est libéré le jour-même par l'arrivée d'autres hussards qui par la suite se replient sur Einville.

Mardi 15 septembre


Le blessé, le cavalier Barbes du 1er R.H. est dirigé vers Lunéville. Son camarade tué aux abrods de la Haute-Riouville reste sans sépulture jusqu'au 7 octobre 1914.
Ramené par Monsieur Jules Poirson et par l'abbé Demoyen, il repose au cimetierre d'Arracourt sans cercueil.

Quelques jours après les autres, c'est au tour de Mrs Jacques & Jean-Baptiste Arnould, Emile Louis, Jules Aubry, son épouse et leur fils Paul d'être pris comme otages.
A partir de ce moment et ce jusqu'au 23 novembre 1914, Arracourt, vide de militaires tant français qu'allemands, est bombardé 11 fois.

Carte des principaux combats du 20 août au 12 septembre

1914 est aussi le début d'un nouveau martyre pour les habitants de Mouacourt. Le village est pour la seconde fois entièrement ras. Certains se réfugient dans les environs de Lunéville jusqu'en 1918.
Vers la fin de l'année, alors que les allemands qui occupaient Xures ramassaient les jeunes gens en âge d'aller soldat, Edmond Bar, surnommé "Babiche", décida de se sauver pour ne pas être pris.
Il quitta un soir son domicile situé au centre du village et traversa le canal de la Marne au Rhin sous l'aqueduc situé à 350 mètres de la maison du garde du canal pour rejoindre l'armée française qui se trouvait dans la forêt de Parroy, au lieu-dit "Au Bec de Canard".
Avant de partir, il avait prévenu ses parents que s'il y arrivait, il mettrait au coin du bois son mouchoir au bout d'un bâton.
Le lendemain, son mouchoir était en place et flottait au vent.

Messieurs Vautrin, Calba et Ecuyer ont été pris comme otages.
Madame Schmitt, née Marcelle Maire, fut emprisonnée six semaines à Dieuze avec le curé de Guéblange, pour espionnage. Elle avait écrit à son mari qui se trouvait sur le front en indiquant à ce dernier les positions des Allemands qui étaient à Xures.
Monsieur Auguste Maire, aubergiste, a été retenu trois jours sous surveillance, dans l'écurie de sa propre maison

Julien Vautrin (1) et Camille Calba (2) prisonniers au camp de Holzminden

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