De 1915 à 1918

1915

Voici un document retrouvé en Allemagne après la guerre: il détaille les prétentions de nos ennemis au départ de celle-ci.

1915 est pour la France une année sanglante, l'armée française compte 400 000 tués et un million d'hommes hors de combat.

Unité de la 2ème D.C. de Lunéville sur les hauteurs d'Arracourt

Environ 145 000 soldats tombèrent chaque mois, soit 5000 par jour.

Tranchée Allemande dans le bois de Bézange

20 janvier

La population de Bézange-la-Grande est évacuée.

Arracourt envahi et déserté par la population

28 janvier

Date du dernier son des cloches d'Arracourt. L'église est détruite dans un incendie.

22 avril

L'apouvante s'abattait sur le front des Flandres, dans le secteur d'Ypres, tenu par les Français et les Britaniques.

Utilisant pour la première fois des gaz, dont ils avaient testé l'efficacité en Russie, les Allemands provoquèrent une véritable panique au sein des troupes alliées.

1916, l'année terrible

Le 21 février 1916, à 16 heures 45, après une énorme préparation d'artillerie, l'infanterie allemande se lançait à l'attaque des positions françaises de première ligne à Verdun. Sûres de l'effet destructeur de leurs canons, les troupes du Kaiser n'imaginaient pas qu'elles se heurteraient à une résistance aussi acharnée.

30 octobre 1916. Après avoir combattu l'armée allemande dans le nord de la France où il rencontra les mêmes régiments qu'en Lorraine, et après avoir séjourné dans le sud, le soldat Husson est de retour dans la région. Le 1er octobre, il descend du train à Azeraille.

1917, l'année trouble

Lasse des massacres de Verdun et de la Somme, en proie au doute et à l'incertitude, la France connut un hiver 1916-1917 difficile.
Le désastre du Chemin des Dames allait susciter dans le pays une crise morale comme la France en connut rarement pendant la guerre.
Les troupes en ont assez de ces sacrifices inutiles.
Un vent d'indiscipline, issu de la fatigue et des mauvais traitements souffle sur les unités en ligne.

Le 13 juin 1917, le Général Américain Perching, débarque à Boulogne.

Bien accueillis, les Américains s'installent dans des camps construits pour eux. Ils vont y parfaire leur entraînement et s'adapter aux conditions de cette guerre dont ils ignorent tout. Ils apprennent tout d'abord à utiliser notre matériel.
Des professeurs Américains, dont des écoles spécialement conçues pour eux, telle celle du Valdahon, dans le Doubs, leur dispensent des cours de langue Française qui facilitera leurs dialogues avec la population Française et, ensuite, avec leurs alliés.
Force.de chewing-gum et de sympathie les "Amex" s'intègrent facilement à la population.
Ils s'endurcissent et deviennent des soldats au fil des jours par un entraînement qui durera des semaines et des semaines, par tous les temps sous mille et une formes, avec les matériels les plus divers.
Au mois d'octobre 1917, après trois mois d'un entraînement intensif, les Doughboys de la 1ère division Américaine sont prêts! Du moins, le croient-ils...

Le 19 octobre 1917, l'artillerie de la 1ère division quitte le Valdahon et rejoint le secteur du 9ème corps d’Armée Française au Nord de Lunéville.

Le 20 octobre 1917, c'est au tour des bataillons d'infanterie de la 1ère Division de quitter leur cantonnement de Gondrecourt (Meuse) pour rallier la région de Lunéville.

Le 21 octobre 1917, ces troupes Américaines relèvent les divisions du Général Franchet d'Esperey, dans un secteur délimité par les Communes de Parroy, Etang de Parroy, Bures, Arracourt, ferme de Ranzey, secteur distant de la frontière Allemande de 3400 mètres à vol d'oiseau.

Le 23 octobre 1917, deux jours après leur arrivée en ligne, ils passent à l'action.
A 6 heures du matin, le sergent Alex Arch, appartenant à la batterie C du 6ème d'Artillerie de Campagne U.S, actionne le premier cordon de mise à feu.
Ce premier obus a—t-il tué ou blessé un soldat Allemand ? L'histoire ne le dit pas. Toujours est—il qu'il fut le premier d'une longue série qui s’abattit près du village de Xanrey, de l'autre côté de la frontière.
Bien sûr, ils donnèrent lieu à riposte de la part des batteries Allemandes qui ne s’arrêtèrent plus.

Le 25 octobre 1917, alors que le déluge de feu ne s'est pas arrêté une minute, le premier blessé Américain est évacué.
C'est un Sous-Lieutenant nommé D.H Harden.
Un abri du secteur prendra son nom.
En bas du village de Bathelénont-les—Bauzémont, le 16ème Régiment U.S occupe ses positions.
Les "Sammies", encore peu acclimatés à la langue Française découvrent avec curiosité le patois Lorrain.

Le 2 novembre 1917, après le brouillard du matin, il pleut à torrent.
Malgré les caillebotis, les fantassins sont dans la boue jusqu'au mollet. Boue ocreuse, grasse et lourde, qui coule des parapets délavés et colle aux pans des longs manteaux qui déjà regorgent d'eau.
Les défenseurs grelottent.
Tout comme la veille et l'avant-veille la journée s'écoule sans problème. Après la soupe, les hommes retournent à leur veille.
Un léger brouillard envahit la prairie. Aux créneaux, les guetteurs grelottent et battent de la semelle.
Tout comme les précédentes, cette nuit va être interminable.

Le 3 novembre 1917, le deuxième quart s'achève et, sentant venir la relève, les Sammies voient leur courage renaître.
La nuit est bien avancée lorsqu'à 3 heures 30, un déluge de fer et de feu s'abat sur toutes les positions tenues par la 1ère division.
C'est la surprise générale.
A la nuit succède la clarté des explosions. Rapidement les hommes sortent des abris, armes à la main, ils se terrent.
Le bombardement est si dense que dehors, c'est intenable.
Venant des lignes Allemandes avec une précision remarquable, un feu roulant écrase les positions.
Les parapets s’éboulent, les barbelés sont pulvérisés, les premiers blessés tombent. Puis le bombardement s'allonge, diminue, puis cesse sur le point baptisé "Artois“ par les militaires Français. Lieu connu géographiquement comme le « Haut des roules », secteur militaire de Bathelémont.
Les Américains sortent des abris, armes à la main, et bondissent aux parapets.
Il est trop tard, les troupes d'assaut Allemandes sont là, sans que l'on pût deviner leur avance.
D'autres victimes U.S roulent dans la boue en râlant.
Dans le noir les Américains rendent coup pour coup.
Bien qu’inférieur en nombre, ils résistent.
Quelques coups de feu encore et plus aucun bruit.
Aussi vite qu'il est apparu, l'ennemi se retire rapidement et en ordre.
Le calme après la tempête.
Dans l'obscurité, les guetteurs ont repris leur fonction.
Dans le lointain, plus un éclatement, plus une lueur.
La nuit s'achève, dans le calme.
Le vent se lève et chasse les dernières fumées des éclatements.
L’âcre odeur de la poudre disparaît dans la fraîcheur du matin et fait revivre les défenseurs qui pansent leurs blessures, rechargent leurs armes, se rafraichissent au bidon.
Les hommes sont harassés, nerveux.
Les Américains viennent de subir leurs premières pertes.
Trois morts, onze blessés dont six grièvement, onze disparus, sans doute prisonniers de l'ennemi.

Leurs trois premiers tués de la grande guerre, ils ne les oublieront pas, nous non plus.

Souvenons-nous de ces noms:

JAHES BETHEL GRESHAM, né le 23 août 1893 à Mc Clean Country, Kentucky, fils d'un vétéran de l'Armée Confédérée de la guerre civile.
A l'âge de 14 ans, il quitte l'école et travaille comme conducteur de véhicule aux usines de coton d’Evansville, Indiana.
Le 23 avril, il s'engage dans l'armée. En juin, instruction achevée, il part avec l'armée de Pershing à El Paso, Texas, au moment de la crise au Mexique. Il est nommé caporal.
En juin 1917, il part pour Fort Bliss avec les premiers soldats Américains du corps expéditionnaire en France.

MERLE D. HAY, né le 30 juillet 1896 à Carrolton, Iowa.
En 1897, il s'engage dans l'armée. Avant de s'engager, il était mécanicien en machines agricoles.
Il subit l'entraînement des jeunes recrues à Fort Logan, Colorado et à Fort Bliss, Texas.
En son honneur, le poste de l'Américan Légion de Gliden, Iowa, poste 386, porte son nom.

THOHAS FRANCIS ENRIGHT, né le 8 mai 1897 à Pittsburgh, Pennsylvanie.
A son premier engagement, il est affecté à la cavalerie, dans les îles Philippines.
A son second engagement, il fait partie des troupes U.S d'occupation à Vera Cruz, au Mexique, à la mi-1916.
En 1917, il est affecté au 16ème R.I.U.S.

1918, la fin

En février 1918, la population de Xures est emmenée par les Allemands à Sprimont en Belgique. En mars, c'est celle de Coincourt qui le sera.

Déportation des habitants de Coincourt Déportation des habitants de Coincourt

Le 11 novembre 1918, Clémenceau déclare:
"Nous avons gagné la guerre, il va nous falloir gagner la paix".

La photo suivante montre les 2 camps pacifiés, à la sortir d'Arracourt, route de Vic, quelques heures après la signature de l'armistice. Fait étrange, car les autorités françaises avaient interdit aux soldats d'entrer en contact avec les anciens ennemis. Mais il faut se rappeler que les rencontres sur la frontière entre les eux camps, jusqu'à la veille de la guerre, étaient déjà amicales malgré l'annexion, du fait des liens (bien souvent des liens familiaux), qui existaient avant cette annexion.

Rencontre après l'armistice, sortie d'Arracourt direction Vic

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